
16 cacaos: bombe au sucre pour le petit-déjeuner
Le résultat du test de seize boissons au chocolat est contrasté: pas de mauvais élèves, mais trop de sucre, pas assez de cacao et des vitamines inutiles.
Si les noms varient entre «cacao en poudre» à «chocolat au lait», l’idée est toujours la même: aromatiser le lait avec un goût flatteur. La loi suisse impose à la seconde dénomination au moins 25% de teneur en cacao de la matière sèche totale. Les poudres à base de malt d’orge comme l’Ovomaltine ou l’Eimalzin ou encore le Nesquik et le Suchard Express ne sont, quant à eux, pas tenus à des exigences minimales.
Indépendamment de cette distinction légale, Bon à Savoir s’est penché sur ces différents produits, afin de déterminer s’il est sain de les consommer au petit-déjeuner ou à tout autre moment de la journée. Seize des plus vendus ont été analysés en laboratoire pour mesurer leur teneur en cacao, en glucides, en protéines et en calories (lire «Les critères du test»).
De 12% à 37% de cacao
Principales conclusions: la majorité des préparations contient beaucoup plus de sucre que de cacao. Seuls trois produits sont composés d’un équilibre correct sur ce point, d’où leur appréciation globale «bon». La marque Rapunzel obtient la première place avec 37% de cacao et 61% de sucre pour son Tiger Quick qu’on trouve dans certaines échoppes bio. S’ils sont moins cacaotés, l’Eimalzin et l’Ovomaltine sont aussi moins sucrés avec des taux atteignant respectivement 40% et 45%.
Toutes les autres poudres renferment seulement 12% à 22% de cacao. Mais elles sont très riches en sucre, ce qui n’a rien de rassurant. D’autant que les experts en nutrition alertent régulièrement quant aux conséquences négatives d’une surconsommation en la matière. Car, si les glucides de type sucres rapides fournissent rapidement de l’énergie à l’organisme, ils ne le font pas durablement. Ce processus peut alors favoriser l’obésité, le diabète ou des caries dentaires, sur le long terme, car le sucre appelle le sucre.
Les glucides représentent actuellement environ 16% de l’apport calorifique journalier. Or, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’il ne devrait pas dépasser 10%, soit l’équivalent de 50 g pour 2000 calories. Pour une petite fille de 6 ans dont les besoins quotidiens sont de 1400 calories, cela correspond à 35 g. Or, une seule tasse de cacao Nesquik ou Califora au chocolat couvre déjà un tiers de cette valeur.
Face à ce constat, les fabricants de boissons chocolatées se défendent en citant la responsabilité personnelle du consommateur. «Il est connu, selon nous, que le produit contient du sucre, et cela est également indiqué sur l’emballage», déclare Suchard. Migros répond que les poudres à base de cacao moins sucrées étaient «impopulaires». Enfin, pour Denner, «le dosage est déterminé de manière à donner un goût agréable».
L’ajout de vitamines est également controversé. Il donne, en effet, une impression que le produit est bon pour la santé, alors que cet apport n’est en rien nécessaire. «Les marques vendent du sucre malsain sous couvert de vitamines saines», estime Kaspar Berneis de l’Hôpital universitaire de Zurich.
Suchard va revoir sa recette
Avec une alimentation équilibrée, comme cela est possible de nos jours en Suisse, les enfants ou les adultes ont suffisamment de vitamines. Néanmoins, la société Wander rétorque que celles qui sont contenues dans ses produits permettent de «couvrir les besoins quotidiens». D’autres fabricants soulignent que le client peut choisir entre des versions avec ou sans vitamines. Seul Suchard admet que la nécessité de tels additifs est aujourd’hui remise en question. L’entreprise va donc revoir la recette de son Suchard Express.
Alexandra Uster / ld
16 cacaos
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