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Le vin, tromperie à répétition

Les sociétés de vin qui forcent la main des consommateurs par téléphone sont légion. La vigilance reste de mise.

Le scénario est à chaque fois identique. La société «Domaine Renaissance» appelle ses victimes en évoquant une commande de vins passée en 2012. Elle prétend que le client aurait payé
22 fr. en trop et propose de lui envoyer des bouteilles pour rembourser le solde. Elle fait alors le forcing en lui annonçant l'envoi d'un carton d'une valeur de 161 fr. qui lui reviendrait à
139 fr. après déduction des 22 fr.

Depuis le début de l'année, plusieurs lecteurs nous ont signalé les méthodes de vente très agressives de «Domaine Renaissance». Inscrite au registre du commerce du canton de Genève depuis février 2013, cette société appelle très souvent depuis le même numéro (022 518 06 87). A chaque fois, nos lecteurs ont eu toutes les peines du monde à se débarrasser de leur interlocuteur très insistant.

Phénomène courant

Le vin est décidément un créneau très couru dans le secteur des ventes forcées. Si le procédé diffère quelque peu d'une société à une autre, il est basé sur le même principe: on tente de faire croire aux victimes qu'elles ont passé une pseudo commande il y a plusieurs mois en arrière. C'est en jouant sur le phénomène de l'oubli que les démarcheurs peu scrupuleux tentent alors de faire plier leurs victimes.

Ces derniers mois, ce type de démarches ont été légion. Basé en Belgique, les «Enfants de Bacchus» ont fait suer de nombreux consommateurs suisses en 2013 (lire «Un vin au goût amer», BàS 06/2013). Leur technique est on ne peut plus simple et directe: ils tentent de placer leurs produits par téléphone en se référant à une soi-disant commande passée deux ans plus tôt! Et récemment, un lecteur nous a signalé des pressions similaires d'une maison belge dénommée «Les vignerons indépendants encaveurs».

Demandez des preuves

Face à de tels procédés, il convient de rester ferme et de ne pas se laisser impressionner par d'éventuelles menaces. Il faut refuser toute livraison et exiger une preuve (écrite ou vocale) de la commande évoquée par le vendeur. Et si la marchandise est néanmoins livrée, il ne faut pas payer la facture et informer le démarcheur par courrier qu'il doit venir la chercher dans un délai de 15 jours.

Yves-Noël Grin