
Métier à risque, tout bénéfice
Dans le secteur de la restauration et de l’hôtellerie, 15% des employés n’atteignent pas l’âge de la retraite. Sur les chantiers, la proportion est de 13%. A l’autre bout de l’échelle établie par l’Université de Genève, seuls 6% des économistes et des physiciens décèdent avant de toucher l’AVS. Les femmes vivent en moyenne plus longtemps: tous métiers confondus, entre 5% et 7% d’entre elles seulement meurent avant leur pension.
On s’en doute: les métiers à risques sont profitables pour l’AVS et pour les caisses de pension. Maçons et sommeliers cotisent en effet comme les autres. D’une part, pour payer les primes de l’assurance risque décès et invalidité et, d’autre part, leur capital de prévoyance. S’ils décèdent avant l’heure, l’assurance paie les éventuelles rentes de veuve et d’orphelins et la caisse de pension conserve l’intégralité du capital. Pour cette dernière, l’économie varie entre 50 000 fr. et 250 000 fr. par assuré.
En conséquence, l’espérance de vie est surestimée pour de nombreux métiers et les rentes devraient être plus élevées pour les plus exposés. Or, il n’en est rien: GastroSocial, qui assure le secteur de la restauration, se calque sur les statistiques regroupées de 14 institutions, parmi lesquelles les grandes banques, les assurances ou encore la caisse fédérale de pension Publica. En 2011, la caisse a ainsi estimé la durée de vie moyenne des femmes à 86,9 ans et celle des hommes à 84,6 ans! Pour Doris Bianchi de l’Union syndicale suisse (USS), de nombreuses caisses font alors des bénéfices injustifiés.


