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Construis-moi un label

Les labels écologiques ornent de plus en plus les matériaux de construction. Mais la clarté n’est pas toujours de mise.

«Eco». Voilà un préfixe qui se colle un peu partout. Comme le secteur de la construction ne fait pas exception, on parle notamment d’écomatériau. Bien qu’il n’y ait pas de définition universelle, un matériau écologique doit respecter les grands principes du développement durable. Son impact sur l’environnement devrait donc être aussi faible que possible, tout au long de son cycle de vie. Et les nuisances sur la santé devraient être nulles ou, du moins, réduites à leur portion congrue.

C’est la jungle

Comme dans d’autres domaines, il existe de nombreux labels pour distinguer les matériaux de construction plus respectueux. Le propriétaire qui se lance dans un projet de rénovation pourra ainsi choisir ses fournitures en toute connaissance de cause. Idem s’il mandate une entreprise pour réaliser les travaux: il pourra exiger de celle-ci l’utilisation de matériaux en accord avec ses convictions.

Le talon d’Achille des labels, c’est leur multiplicité et la disparité de leurs exigences. Par conséquent, le consommateur suisse est susceptible de trouver différents logos verts pour un même groupe de produits en fonction du lieu de vente et du pays de fabrication De surcroît, certains sont très spécifiques et d’autres beaucoup plus génériques. Autant dire que c’est une jungle qui ne facilite pas autant le choix des consommateurs que ce qu’on pourrait imaginer.

L’exemple de la peinture est des plus éloquents. Dans ce domaine, il existe pas moins de 11 labels sur le marché! Primo, il y a ceux qui répondent à des normes écologiques nationales, comme l’Ange Bleu allemand ou l’Umweltzeichen autrichien. Secundo, il y a les certifications qui ont une portée internationale, comme Naturplus ou, beaucoup plus locale, comme le Pinceau Vert à Genève. Tertio, il y a des labels propres aux distributeurs, comme Oecoplan à Coop ou Conseil-Eco à Jumbo. Dans ce contexte, la nouvelle étiquette énergie lancée par l’Union suisse de l’industrie des vernis et peintures apportera davantage de clarté (lire «L’étiquette au bout du rouleau», TCF 11/2013).

Il y en a pour tout le monde

Pour les revêtements de sol, il existe aussi une dizaine de logos verts. Une partie cible des matériaux spécifiques, comme Step pour les tapis faits main ou Gut pour les moquettes. D’autres sont plus généralistes, comme l’Ange Bleu cité plus haut ou Oeko-Tex Standard qui englobe tous les articles textiles. Le bois dispose, lui aussi, d’une ribambelle d’étiquettes vertes dont les fameuses certifications FSC. Mais la dimension écologique ne concerne ici que son exploitation, sachant que ce n’est pas une matériau qui dégage des substances nocives.

A ce titre, les propriétaires qui veulent lutter fermement contre la pollution intérieure ne peuvent se satisfaire des labels verts. Car, à l’image du Lignum CH 6.5 qui garantit une faible teneur en formaldéhyde des panneaux d’aggloméré, le risque sanitaire est réduit mais non annihilé. La meilleure alternative est de se tourner alors vers des matériaux naturels (lire encadré).

Yves-Noël Grin