
10 pistolets à peinture: le bon vieux rouleau à peinture n’est pas toujours largué
Les rouleaux électriques et les pulvérisateurs à peinture prétendent faire gagner du temps à leur utilisateur. Mais le résultat n'est pas toujours au rendez-vous.
Rafraîchir les parois ou le plafond d’une pièce est une opération à la portée du plus grand nombre. Mais, lorsque les surfaces sont grandes ou nombreuses, le bon vieux rouleau manuel a ses limites. C’est pourquoi il existe des versions électriques ainsi que des pulvérisateurs plus ou moins sophistiqués qui promettent un travail plus rapide et plus efficace. Mais est-ce vraiment le cas? C’est ce que nous avons voulu vérifier en confiant neuf dispositifs au Laboratoire PZT, à Wilhelmshaven (D).
Ça va plus vite
Les modèles retenus dans notre test se vendent entre 70 fr. et 400 fr. dans le commerce. Pour avoir une base de comparaison, nous avons également mis à l’épreuve un rouleau traditionnel choisi avec un manche télescopique pour faciliter les réfections du plafond. Les experts ont procédé à un test pratique sur diverses surfaces et ont également mesuré leur bruit et leur consommation d’électricité (lire encadré).
Le constat le plus rassurant, c’est que tous les systèmes électriques permettent d’accomplir le travail plus rapidement qu’avec le rouleau classique. En revanche, ce dernier n’est pas toujours largué, malgré son prix plancher (26.90 fr.): lorsqu’on observe le rendu final, trois appareils donnent de moins bons résultats que lui! La difficulté d’utilisation, le temps de nettoyage, tout comme le bruit ne sont pas non plus à l’avantage des outils modernes. En tenant compte de tous les critères, on remarque d’ailleurs que seuls quatre articles électriques obtiennent une meilleure note que le rouleau standard jugé «bon»!
Globalement, les experts ont relevé que les pulvérisateurs facilitent le travail des utilisateurs et prennent l’avantage dans certains cas. Le gain est particulièrement vrai dans les angles et sur les surfaces très structurées. Revers de la médaille: le peintre doit davantage protéger les zones environnantes pour ne pas retrouver des giclures partout.
Le grand gagnant de notre comparatif est le modèle Wagner Paint Crew. Vendu 399 fr., c’est aussi le plus cher du lot. Jugé «très bon» au test pratique, il permet de peindre rapidement, tout en offrant un bon rendu. Il est donc particulièrement adapté aux propriétaires qui entreprennent de grandes rénovations. Sur la deuxième marche du podium, le modèle Wagner W985 est légèrement moins performant à l’usage, mais il a un atout de taille: sa lance. Grâce à elle, il est très confortable à manier à toutes les hauteurs.
Pistolets en léger retrait
Hormis les deux premiers, tous les autres systèmes sont conçus comme des pistolets. Parmi eux, c’est le modèle Bosch PFS 105 E qui tire le mieux son épingle du jeu en se plaçant sur la troisième marche du podium des pulvérisateurs avec une note finale de 5.0. Le plus étonnant, c’est le résultat du rouleau électrique Wagner qui termine avec un score de 5.1 malgré son prix modéré (115 fr.). Certes moins rapide et efficace que les deux meilleurs pulvérisateurs, il se rattrape par son silence de fonctionnement et sa faible consommation de courant.
Protection primordiale
Les articles des marques Signeo, Paint Zoom, HEA ainsi que le rouleau électrique de Bosch ont écopé de la mention «satisfaisant» seulement. Leur point commun? Un gain de temps plutôt maigre par rapport à la méthode manuelle. De surcroît, le Signeo a l’inconvénient d’être pénible à manier en raison de son lourd compresseur – plus d’un kilo – placé dans le pistolet. En réaction, Coop défend son produit en prétendant qu’il permet de travailler plus rapidement que ce que nos résultats mettent en exergue.
Avec le modèle Bosch PPR 250, l’alimentation de peinture gêne la fluidité du mouvement, rendant l’application inégale. Selon son fabricant, le type de dispersion a une grande influence sur le fonctionnement de l’appareil. Quant aux Paint Zoom et HEA, peu d’arguments parlent en leur faveur: guère plus rapides, ils sont bruyants et offrent un moins bon rendu que le simple rouleau.
Tout bricoleur sait que les travaux de peinture impliquent une phase préparatoire pour protéger les sols et les zones sensibles. Si le rouleau classique provoque des giclures, les appareils électriques sont plus pervers encore. Car les projections sont certes moins grandes, mais plus insidieuses. En effet, la dispersion est diffusée à haute pression, générant l’émission de particules beaucoup plus fines. Par conséquent, il est non seulement nécessaire de bien protéger l’environnement du chantier, mais également de se munir de lunettes et d’un masque pour éviter toute propagation dans les voies respiratoires.
Yves-Noël Grin
Pour télécharger le tableau comparatif, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.
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Les critères du test
Le Laboratoire PZT à Wilhelmshaven (D) a testé le fonctionnement des sept systèmes de pulvérisation ainsi que des deux rouleaux électriques. Un simple rouleau manuel a servi de base pour la comparaison.
Les experts ont utilisé une dispersion d’intérieure blanche, matte et déjà diluée pour apprécier la qualité d’application et le rendu. Les dispositifs ont été testés sur trois genres de surfaces: lisse, légèrement structurée et très irrégulière. Ils ont dû recouvrir 4 m2 de mur et 2 m2 de plafond.
Test pratique: A quelle vitesse et avec quel confort le système permet-il de repeindre les murs, les plafonds et les angles? L’application de la peinture est-elle uniforme? L’appareil est-il simple à utiliser et à nettoyer? Se manie-t-il facilement et sans effort à différentes hauteurs? Exige-t-il une grosse protection des surface environnantes? Peut-on aisément régler le jet et la quantité de peinture?
Mesures: Quel bruit émet l’appareil? Que consomme-t-il comme électricité en fonctionnant continuellement pendant une heure?

