
La solidarité en reste
Les associations caritatives le savent bien: plus on s’approche de Noël, plus le portemonnaie s’ouvre facilement à des fins solidaires. Le titre de notre sixième volet sur les aides sociales, que nous publions – par hasard – dans la dernière édition de l’année, fait donc désordre: «Un toit à prix d’ami, l’utopie»…
On y apprend que les ménages suisses consacrent presque 1500 fr. par mois à leur logement. Lorsque le revenu familial tourne autour de 6000 fr., la ponction est donc douloureuse. Or, si les pouvoirs publics ont mis en place des mesures permettant de réduire son impact sur le budget, elles sont réservées au plus petit nombre et ne cessent de diminuer.
La tendance est d’ailleurs générale. A croire que la solidarité n’est possible qu’en état de grâce, lorsque les caisses publiques débordent (comme ce fut le cas dans les trente glorieuses) et que la décence impose un minimum de partage. En période de croissance réduite, en revanche, la seule parade politique semble être la réduction drastique de toutes les aides publiques. Et, comme le retour des années fastes n’est pas pour demain, on se demande où le mouvement va s’arrêter.
Parallèlement, l’Europe entière envie cette Suisse où le «miracle» économique perdure envers et contre tout. Reste à savoir à qui il profite. Il sera difficile de faire croire aux personnes à qui on donne toujours moins qu’elles sont concernées.
Christian Chevrolet

