
Testament stupéfiant
«Ma mère est décédée il y a peu. Je possède un testament par lequel elle m’a institué unique héritier. Elle en aurait toutefois rédigé un autre, peu avant sa mort, léguant ainsi toute sa fortune à son infirmière et ne me laissant que le minimum légal. J’ai des raisons de penser qu’elle était sous l’influence de médicaments très forts lorsqu’elle a fait ce nouveau testament. Puis-je le contester?»
Sur le principe, oui. Quand on est en présence de plusieurs testaments, c’est généralement le plus récent qui fait foi. Cela n’empêche pas qu’il puisse être contesté si des doutes existent quant aux circonstances dans lesquelles il a été rédigé. En l’état, si vous pouvez démontrer qu’à ce moment-là, votre maman n’avait pas la pleine capacité de discernement, la validité du dernier testament pourrait valablement être remise en cause.
Toutefois, le simple fait que votre mère était sous médication au moment de rédiger ses dernières volontés ne suffit pas en soi à démontrer qu’elle était incapable de discernement. Il faudrait au moins qu’un ou des témoins puissent certifier que les doses des pharmacopées ingérées étaient si fortes que, d’un point de vue médical, la capacité de jugement de la personne en était forcément altérée. Dans ce cas, il y a de fortes chances pour qu’un tribunal déclare invalide le testament établi dans ces circonstances.
Kim Vallon


