
Tarifs 2014: il y a comme de l’électricité dans l’air
Selon le lieu et le volume de sa consommation, le prix de l’électricité augmentera ou diminuera parfois fortement l’an prochain. Lumière sur le phénomène.
Avec des tarifs qui baisseront, pour certains ménages, de plus de 16% à Monthey ou, au contraire, augmenteront, par exemple, de plus de 9% à Porrentruy et Courroux (JU), l’électricité provoquera des secousses dans les portemonnaies l’an prochain. Selon le lieu et le profil de consommation, la facture annuelle, dans les communes de notre comparatif, pourra s’alourdir de près de 210 fr. ou, a contrario, s’allégera de plus de 350 fr. (voir tableau).
Les réalités locales seront donc parfois bien éloignées de la moyen ne suisse. Récemment, la Commission fédérale de l’électricité (ElCom) annonçait en effet une «légère augmentation des tarifs pour les ménages l’an prochain». Selon ses calculs, les habitants d’un logement de 5 pièces avec cuisinière électrique et sèche-linge consommant 4500 kilowattheures/an (kWh) (profil H4 de notre tableau) paieront, en moyen ne, 19.47 ct. le kWh, soit environ 1% de plus qu’en 2013.
L’ElCom explique que cette augmentation est liée avant tout à la hausse des redevances fédérales – RPC notamment – et du tarif d’utilisation du réseau que les exploitants paient à Swissgrid. Au-delà de cette moyenne, elle a néanmoins prévenu que, au niveau régional, «les prix pourront varier sensiblement entre les gestionnaires du réseau». Notre tableau confirme que tel est bien le cas.
Quatre baisses, 17 hausses
Pour le consommateur, ce sera donc la roulette russe, en fonction de son lieu de résidence. Pour une consommation de 4500 kWh/an, l’augmentation sera supérieure à la moyenne suisse dans 11 des 21 communes retenues dans notre comparatif (lire encadré) et inférieure dans six autres. Pour quatre d’entre elles, il y aura même une baisse! A Monthey, en l’occurrence, les ménages de type H4 verront leur facture annuelle diminuer de 117.90 fr. (sans la TVA).
Mais comment expliquer ces différences? «Les facteurs sont multiples et sont liés à la gestion interne des entreprises, résume Stefan Burri, chef de la Section prix et tarifs à l’ElCom. Les coûts d’entretien et de développement des installations peuvent varier notablement d’une société à une autre. Pour approvisionner une station de ski, par exemple, il faut des structures capables de fournir une importante quantité d’électricité pendant les pics de Noël et de Nouvel-An, alors que la demande est moindre le reste de l’année. Et, comme le terrain est difficile, l’entretien s’avère coûteux.»
Achat ou production propre
La manière dont l’exploitant s’approvisionne lui-même en énergie influence aussi particulièrement les coûts. «Nous avons signé un nouveau contrat à des prix très bas par rapport à ceux du précédent, négociés en 2010», explique Massimo Rinaldi, directeur des Services industriels de Monthey. Résultat: une baisse massive du prix du kWh l’année prochaine, qui passera ainsi de 17.89 ct. à 15.27 ct. pour les ménages au profil H4, soit près de 21% moins cher que la moyenne nationale. A l’autre bout du tableau, BKW, qui annonce une hausse moyenne de 9,7% tente de se justifier en affirmant que cette dernière est en grande partie (7%) due à l’augmentation du tarif d’utilisation du réseau et de la RPC. Un argument qui n’est qu’à moitié recevable, puisque cette hausse est générale en Suisse. Or, l’entreprise bernoise l’a tout simplement répercutée sur ses clients, contrairement à d’autres. Autre explication: BKW produit une partie de l’électricité qu’elle vend. Avec la baisse des prix en Europe et les coûts élevés de maintenance et de modernisation des centrales en Suisse, les prix des entreprises qui proposent du courant acheté sont souvent plus bas que ceux des sociétés qui en produisent.
Que faire? Pour l’instant, le consommateur est cantonné au rôle de spectateur. La situation changera avec la libéralisation totale du marché de l’électricité qui devrait entrer en vigueur en 2015 ou en 2016, selon Marianne Zünd, porte-parole de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). Il sera alors possible de choisir librement son fournisseur.
Sébastien Sautebin


