
Le prix de la foi
Les impôts ecclésiastiques sont moins chers en Suisse romande qu’en Suisse alémanique. Mais, au total, c’est bien à Neuchâtel que le contribuable est le plus sollicité.
Une fois n’est pas coutume, c’est en Suisse romande que les impôts ecclésiastiques sont les moins élevés. Ils sont même facultatifs dans les cantons de Genève, de Neuchâtel et du Tessin, donc nuls pour les contribuables qui refusent de les payer, même si ceux-ci n’ont pas demandé à «sortir» de l’Eglise (lire encadré). Et ils sont couverts par l’impôt général dans le canton de Vaud. Enfin, en Valais, où ce sont les communes qui assument le financement du culte, il ne s’en trouve que quatre (Sion, Saxon, Savièse et Törbei) pour demander une participation particulière, les autres l’englobant également dans l’impôt général. En revanche, les croyants bernois, fribourgeois et jurassiens, sans être les plus taxés, vont devoir payer une sacrée aumône.
Le tableau ci-dessous le démontre: alors qu’un protestant célibataire bénéficiant d’un salaire mensuel brut de 7700 fr. environ (lire scénario) peut donc, sans formalité, s’en tirer sans rien payer dans quatre cantons, presque cinq, il va devoir débourser 679 fr. à Delémont et 725 fr. à Fribourg, un peu moins s’il est catholique romain. Mais l’impôt passe à 1290 fr. pour un membre de l’Eglise réformée à Saint-Gall, et même à 1341 fr. pour un catholique romain!
Cela dit, il faut relativiser cet inhabituel avantage romand. Car, si l'on considère le solde des impôts (fédéral, cantonal et communal), ce sont bien les Lausannois, les Genevois et les Neuchâtelois que, dans le cadre de notre exemple, le fisc charge le plus, avec une note respective de 16 008 fr., 16 361 fr. et 17 657 fr.!
Christian Chevrolet


