
Des génériques beaucoup plus chers en Suisse
Une comparaison effectuée par le Surveillant des prix le montre: le prix des médicaments génériques est bien plus élevé que dans les pays européens. Une preuve des lacunes de la LAMal dans ce domaine.
En Belgique, les consommateurs peuvent trouver des génériques 50% moins chers qu'en Suisse! Voici l'un des constats de l'enquête publiée ce matin par le Surveillant des prix (voir tableau, source: www.monsieur-prix.admin.ch). Et ce n'est guère mieux avec les préparations originales: elles coûtent en moyenne 29% moins chers dans les pays d'Europe de l'Ouest que dans notre pays.
Pour arriver à ce constat, la Surveillance des prix a comparé, durant le mois de décembre 2012, les prix suisses et étrangers de 20 substances qui ne sont plus sous brevet et qui dégagent le plus de chiffre d'affaire.
Selon l'organe fédéral, le principal problème est une sous utilisation de génériques meilleurs marché en Suisse, ce qui a pour conséquence de maintenir des prix élevés dans ce domaine. «Le principe d’économicité exigé par la loi fédérale sur l'assurance-maladie (LAMal) pour les prestations remboursées au titre de l'assurance de base est insuffisamment mise en œuvre dans le domaine des substances qui ne sont plus sous brevet», explique Monsieur Prix.
En clair: le fait que l'assurance obligatoire rembourse tout aussi bien les médicaments de marque, donc plus chers, que les versions génériques bon marché n'incite pas les patients à adopter ces dernières. Au final, ce sont des centaines de millions qui pourraient être économisés par les caisses maladie.
Le Surveillant des prix propose comme solution de passer du système de remboursement actuel à un système prévoyant un montant de remboursement de référence pour chaque substance. «Quiconque se procure des médicaments de marque plus chers pour des raisons qui ne se justifient pas doit s'acquitter du supplément de prix par rapport à l'alternative meilleure marché», explique-t-il. Un système qui a «fait ses preuves avec de multiples déclinaisons dans de nombreux pays européens».
Loïc Delacour


