
CFF: un demi pas en arrière
Les voyageurs CFF peuvent à nouveau acheter un billet à la dernière minute auprès du contrôleur. Un assouplissement certes, mais pas si progressiste qu'il n'y paraît, à moins de savoir courir vite!
«Nos clients attendaient un système simple, prévisible et sans surprise. Par le passé, nous n'avons pas toujours su répondre à ces attentes. Nous nous engageons désormais pour des améliorations rapides, conséquentes et sans bureaucratie pour nos clients.» A entendre son directeur général Andreas Meyer, les CFF donnent l'impression de révolutionner le quotidien de leurs usagers. Dans les faits, ils ne font qu'assouplir quelque peu une règle établie il y a seulement deux ans.
Mais où est le contrôleur?
Ce qui est présenté comme nouveauté, c'est la possibilité d'acheter un billet en dernière minute pour tous les trains de grandes lignes (IC, IR, ICN). Cette mesure, entrée en vigueur aujourd'hui, s'adresse aux voyageurs qui n'ont pas eu le temps ou la possibilité d'acheter leur ticket au guichet, à l'automate ou via leur smartphone. Les conditions? Se présenter spontanément au personnel des trains avant le départ du convoi et s'acquitter d'une surtaxe de 10 fr.
Cette évolution semble a priori appréciable, sachant qu'il était jusqu'ici obligatoire d'embarquer avec un titre de transport valable sous peine d'une amende de 90 fr. Mais c'est oublier que, avant le changement d'horaire 2011, les passagers avaient la possibilité d'acheter leur billet dans le train moyennant un supplément de 10 fr. Ce n'est donc qu'un demi pas en arrière et non un grand pas en avant! Et surtout, on imagine déjà les voyageurs pressés courir sur les quais bondés pour tenter d'attraper le contrôleur dans les temps. Et encore, à condition de l'avoir repéré rapidement et de ne pas devoir longer tout le convoi pour l'interpeller…
Yves-Noël Grin


