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Les impôts qui montent, qui montent, qui montent…

Une récente étude fédérale démontre que la progressivité fiscale (plus on est riche, plus on paie proportionnellement) est très différente d'un canton à l'autre.

On le sait: les impôts suisses sont progressifs. Comprenez que la ponction, exprimée en pour cent, n'est pas linéaire mais varie en fonction du revenu. Exemple: le fisc vaudois va réclamer 5612 fr. à un célibataire lausannois bénéficiant d'un revenu brut de 52 000 fr. (revenu mensuel de 4000 fr. x 13), mais 18 815 fr. pour un revenu de 104 000 fr. (8000 x 13). Dans le premier cas, le taux d'imposition représente 10,8% du revenu brut, dans le deuxième 18,1%: c'est ce qu'on appelle la progressivité croissante.

A priori, on imagine que cette constance est régulière jusqu'à atteindre un plafond à partir d'un certain revenu. Ce qui reviendrait à dire que plus on est riche, plus on paie d'impôt, proportionnellement s'entend. C'est souvent vrai, mais pas toujours, comme le démontre une récente étude de l'Administration fédérale des contributions*. Et surtout, cela varie énormément – comme toujours lorsqu'on parle des impôts – d'un canton à l'autre.

Le tableau ci-joint le démontre à souhait. Les auteurs de l'étude ont simplifié la comparaison en créant une échelle allant de 0 à 100 pour l'ordonnée: 0 représente le taux d'imposition le plus bas de tous les chefs-lieux cantonaux, 100 le taux le plus élevé. Dans l'abscisse, on trouve le revenu brut d'un célibataire, variant de
50 000 à 1 million de francs.

On s'aperçoit ainsi que des cantons comme Zurich et Genève mais aussi, de façon moins régulière, Berne, le Jura, Vaud et le Valais ont une progression relativement forte. A l'inverse de Neuchâtel, Saint-Gall et Uri par exemple, où la progression est faible. Et d'autres cantons encore, comme Fribourg et Zoug, où les valeurs sont tellement constantes qu'elles ne modifient pas, ou presque pas, le classement de la charge fiscale par rapport aux autres chefs-lieux.

Autre leçon à retenir, comme le souligne un lecteur neuchâtelois commentant cette étude: mieux vaut, sur le plan fiscal, habiter Zoug que la Chaux-de-Fonds, quel que soit son revenu!

Christian Chevrolet

*«La progressivité de l’impôt sur les revenus en Suisse: une comparaison intercantonale» (juin 2013). A télécharger (gratuitement).