
Légumes asiatiques impropres à la consommation
Les autorités sanitaires ont retiré du marché un nombre important de légumes importés d’Asie très chargés en pesticides.
Le continent asiatique est un grand utilisateur d’insecticides, herbicides et fongicides fortement suspectés d’affecter la santé des personnes qui les consomment par l’intermédiaire des aliments (lire notamment «Champignons lourdement chargés en pesticides», BàS 4/2013). Le constat se vérifie une nouvelle fois dans un rapport publié hier par le laboratoire cantonal de Zurich, suite à des tests menés en 2012 en collaboration avec l’Office fédéral de la santé publique, l’Administration fédérale des douanes et trois autres cantons.
Sur 230 légumes exotiques prélevés directement aux frontières afin de les analyser dans les laboratoires cantonaux, 63 ont été retirés du marché (27%) à cause de teneurs en pesticides excessives. Soit un sur quatre! Pis, dans 7% des cas, les autorités sanitaires ont considéré que les légumes pouvaient représenter un danger pour la santé.
Le chimiste cantonal genevois, Patrick Edder, confirme que les autorités fédérales et cantonales prennent le problème très au sérieux. «Les dépassements sont énormes. Il n’est pas rare d’observer des valeurs 10 fois ou même 100 fois supérieures aux normes admises». La Confédération a sérieusement resserré les contrôles aux frontières et sommé les entreprises importatrices d’être plus vigilantes. La grande distribution, toutefois n’est pas concernée, s’agissant d’articles vendus dans les commerces spécialisés.
Les preuves s’accumulent
Le danger des pesticides pour la santé humaine fait l’objet d’un large débat au sein de la communauté scientifique, dont l’ampleur est proportionnelle à l’enjeu commercial. Selon un article du quotidien français Le Monde, du 14 juin 2013, le marché mondial s’élevait en 2011 à 44 milliards de dollars (40,5 milliards de francs suisses).
Or, si les connaissances en la matière sont, encore et toujours, lacunaires, il n’en demeure pas moins que les preuves à charge contre les pesticides ne cessent de s’accumuler. Le 13 juin, l’Inserm (Institut national français de la santé et de la recherche médicale) a rendu publique une étude de grande envergure menée sur l’ensemble des connaissances internationales actuelles, qui s’avère accablante. La conclusion des experts, rapporte Le Monde, est que l’exposition à des pesticides «conduit à des augmentations de risques significatives pour plusieurs pathologies», au nombre desquelles figurent les cancers, les maladies du sang, les troubles neurologiques et les malformations.
Philippe Chevalier


