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Ceci est une piscine, pas un tombeau

Afin que les bassins ne se transforment pas en piège mortel pour les enfants, clôtures et couvertures sont de mise.

En Suisse, la noyade est la deuxième cause de mortalité chez les enfants, juste après les accidents de la route. Si la majorité des noyades a lieu dans les lacs et les rivières, plusieurs décès sont à déplorer, chaque année, dans des bassins surveillés. Les très jeunes enfants sont particulièrement vulnérables, du fait qu’ils ne disposent pas de mécanisme réflexe qui obture les voies respiratoires et n’ont, au début, pas la force de garder la tête hors de l’eau. Ils risquent ainsi de se noyer dans un étang profond de quelques centimètres en seulement 20 secondes, prévient le Bureau de prévention des accidents (bpa).

La France a «réglé» la question pour les piscines privées (fixes) en 2004, en imposant aux particuliers d’installer des mesures de protection homologuées: barrières, alarmes, couvertures ou abris (vérandas). Nul ne peut y déroger sous peine d’une amende salée. Autre pays, autres mœurs, la Suisse n’a pas pris la voie de l’obligation. En mai 2008, le Conseil fédéral a répondu à une motion du démocrate-chrétien Luc Barthassat: la protection contre la noyade relève au premier chef de la responsabilité individuelle et elle est de la compétence des cantons et des communes. Pour l’heure, aucun d’eux n’a suivi l’exemple hexagonal. 

Responsabilité légale

De son côté, le bpa a lancé, au début de 2011, une campagne de sensibilisation intitulée «Ayez vos enfants à l’œil, les plus petits à portée de main». L’accent est clairement mis sur la vigilance des parents. Mais, comme il est très difficile de garder les bambins sous surveillance constante, le bpa recommande la pose de systèmes de protection.

Pour Mark Williams, responsable pour le sud-ouest de la Suisse au bpa, le jeu en vaut clairement la chandelle. Non seulement par souci de sécurité envers sa progéniture, mais également pour se prémunir des conséquences juridiques – civiles, voire pénales – en cas de décès ou d’accident grave. En pratique, le bpa privilégie deux types de protection: la couverture de piscine, si possible rigide, ainsi que la clôture (lire encadré).

A noter qu’il existe également des bracelets électroniques qui déclenchent une alarme lorsque la personne est immergée durant un laps de temps et une profondeur prédéfinis. Mais le bpa considère ces systèmes comme des aides complémentaires qui ne remplacent ni les protections physiques installées en amont et ni, encore une fois, la vigilance humaine.

Philippe Chevalier