
Encore du cheval dans la viande de bœuf!
Les chimistes cantonaux ont encore trouvé de la viande de cheval non déclarée dans des produits censés ne contenir que du bœuf.
L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a divulgué ce matin les résultats finaux de sa campagne nationale de contrôle visant à traquer la viande de cheval non déclarée dans des produits transformés contenant du bœuf. Résultat: sur les 247 produits analysés ces dernières semaines, «cinq comprenaient de petites quantités de cheval».
Mais si l’OFSP qualifie cette présence de «sporadique», Bernard Klein, chimiste cantonal du canton de Vaud, est bien plus sévère: «Ces résultats démontrent que le problème de la fraude à la viande de cheval est bien plus répandu que ce que l’on pensait». Pour le spécialiste, cinq échantillons, c’est tout simplement cinq de trop. Et pas question d’évoquer une simple négligence! Les produits concernés contenaient entre 2,3 et 8% de cheval, ce qui n’est pas anodin.
«Nous parlons de traces lorsque le pourcentage est inférieur à 1%, explique Bernard Klein. Dans ce cas, le problème peut provenir d’une négligence, par exemple de la mauvaise gestion du processus de fabrication, avec des carences dans le nettoyage des machines entre deux productions différentes». Mais au-delà, il y a bien, selon lui, une volonté de tromperie. Elle ne provient pas forcément du fabricant lui-même, mais peut-être d’un de ses fournisseurs.
L’OFSP est bien plus conciliant et parle de «petites quantités». «Dans les cas actuels de fraudes dans l’UE, il s’agit de 50-80, justifie sa porte-parole Sabina Helfer. Avec 8%, il s’agit plutôt d’une impureté survenue lors de la fabrication».
Pas dangereux pour la santé
L’OFSP refuse malgré tout de nous divulguer les noms des produits concernés: «Les campagnes de contrôles sont des sondages. Les échantillons ne peuvent pas considérer tous les produits sur le marché. La publication de ces détails mènerait à une distorsion du marché. Par contre, s’il y a un risque pour la santé, nous émettons une alerte avec détails sur le produit concerné.»
Sur ce point, l’Office fédéral et Bernard Klein s’accordent: les produits concernés ne présentent pas de danger pour les consommateurs. Au niveau des mesures prises, «trois des entreprises concernées ont retiré leur marchandise, explique Sabina Helfer. Dans deux autres cas, les chimistes cantonaux ont ordonné des mesures. Il y a deux possibilités: indiquer la présence de la viande de cheval sur l’étiquette ou retirer le produit».
Et demain?
Bernard Klein est plutôt optimiste sur l’évolution de la situation: «A mon avis, nous allons assister à un assainissement de ce marché. Les distributeurs sont trop attentifs à leur image pour se permettre ce genre de problème».
Pour l’heure, l’Office fédéral a transmis les résultats de cette campagne nationale à l’UE. A la fin avril, les résultats et les mesures qui en découleront feront l’objet d’une discussion à l’échelle européenne. Quant aux chimistes cantonaux, ils vont poursuivre, dans le cadre de leurs contrôles usuels, les analyses visant à déterminer les espèces animales utilisées dans les produits transformés.
Sébastien Sautebin


