
Des liseuses qui vous lisent
Le modèle Kindle, d'Amazon, comme certains de ses concurrents, utilise les données de lecture de ses utilisateurs pour mieux les connaître.
Profiler les consommateurs est devenu l’enjeu majeur des entreprises désireuses de cibler les publicités pour les rendre plus efficaces. Mais cela se fait la plupart du temps au détriment de la protection de la vie privée. Les liseuses électroniques en sont un exemple supplémentaire.
Car avec ces outils, le comportement des lecteurs peut être facilement analysé: à quelle vitesse lisent-ils? Quels genres de lecture préfèrent-ils? Quels mots ont-ils soulignés? Amazon, qui vend des ouvrages sur son site internet et propose également la liseuse Kindle, l’une des plus populaires du marché, profite de relier ces informations aux achats qu’effectuent ses utilisateurs en ligne. Des informations évidemment prisées par les éditeurs.
L’association américaine Electronic Frontier Fondation (EFF) s’inquiète de cette trop grande curiosité des liseuses. Dans une étude elle a comparé les politiques de confidentialité des principaux acteurs. Si le modèle Kindle et certains de ces concurrents se permettent de collecter des données sur les utilisateurs et de les envoyer sur leurs serveurs, les fabricants se refusent à dire ce qu’ils font de toutes ces informations.
Afin d’éviter d’être observé pas sa propre liseuse, on conseillera donc de ne pas l’utiliser pour se connecter aux librairies en ligne. En effet, il est généralement possible de télécharger les livres sur un ordinateur, puis de les transférer sur la tablette. On peut aussi choisir des modèles qui ne sont pas limités à un seul site d’achat, ce qui est le cas de la plupart des concurrents du Kindle.
Notre comparatif de 8 liseuses (édition payante): Une bibliothèque dans la poche (BàS / no 2013-03 (p.10-11))
Loïc Delacour


