
Des abeilles menacées par des pesticides
Greenpeace lance une campagne européenne dans le but de protéger les abeilles. Elle réclame notamment l’interdiction de sept insecticides qui seraient nuisibles aux butineuses. La Suisse peine à réagir.
La disparition des abeilles est inquiétante. Un rapport publié aujourd'hui par Greenpeace indique, en effet, que leur mortalité est passée de 10-15% à 50% ces derniers hivers en Europe. S’appuyant sur plusieurs études récentes sur le sujet, le rapport montre également que, si le recul mondial des abeilles s'explique par différents facteurs (maladies, parasites, changements climatiques ou pratiques agricoles industrielles), plusieurs insecticides, utilisés notamment pour le maïs, le tournesol et le coton ont des effets nocifs sur la santé des pollinisatrices (perte du sens de l'orientation, perturbation de la croissance, réduction des activités de procréation et de recherche de nourriture). Par ailleurs, combinés à un environnement pauvre en biodiversité, ces insecticides auraient des influences négatives sur la résistance des abeilles face à certaines maladies et parasites, tels que le varroa. Or, le déclin des insectes pollinisateurs risque de mettre en danger la production des plantes les plus appréciées pour notre alimentation.
La Suisse fait l’autruche
L’Union européenne a refusé, le 15 mars dernier, un moratoire qui visait à suspendre pendant deux ans l’autorisation d’appliquer trois substances incriminées. Un nouveau vote est prévu au mois de mai prochain. En Suisse, comme nous l’explique Jean-Daniel Charrière, collaborateur scientifique au centre suisse de recherches apicoles «aucune de ces matières actives n’est interdite. Seules des restrictions d’utilisation pour réduire l’exposition des abeilles sont prévues. »
Une pétition a été remise par Greenpeace, le 28 février dernier, aux autorités fédérales. Elle exigeait l’interdiction de pesticides dangereux pour les abeilles, mais est restée lettre morte. Selon Johann Schneider-Amman, chef de l’Office fédéral de l’agriculture, aucun effet de ces substances, utilisées depuis dix ans, n’a pu être mis en relation avec la mort des abeilles.
Carole Despont


