
Le flou des étiquettes-énergie
Les appareils électriques présentent tellement de cas particuliers que les labels énergétiques ne sont pas significatifs. Démonstration avec trois exemples.
Avec la généralisation des étiquettes-énergie, l’écoconsommateur pensait pouvoir bénéficier d’un système clair. Au départ, chaque appareil était classé de A à G en fonction de sa consommation électrique. Ainsi, un produit estampillé B était considéré économe, malgré l’existence de modèles moins gourmands (ceux de la classe A).
Mais, à la longue, de nombreuses exceptions ont été introduites, remettant en cause la signification de ces labels. Au final, au lieu d’informer valablement les consommateurs, ces catégories sèment la confusion. Démonstration avec trois genres de produits.
1 - Etiquettes pour réfrigérateurs et congélateurs
Comme les modèles sont devenus de plus en plus efficients, la plupart pouvaient prétendre à la graduation A. De ce fait, et pour mieux les distinguer, des catégories plus performantes ont été introduites: A+, A++ et A+++. Les notes E à G ont, quant à elles, été supprimées. De surcroît, seuls les réfrigérateurs et les congélateurs A++ et A+++ peuvent être vendus en Suisse, à l’exception des modèles A+ importés avant le 1er janvier ou produits dans le pays.
Le problème: lorsqu’on achète un appareil noté A++, on pense disposer d’un très économique, alors qu’il s’agit désormais de la moins bonne note.
2 - Etiquettes pour sèche-linge
Dans la gamme des séchoirs à linge, les notes s’étendent encore de A à G. Mais, en Suisse, seuls des appareils notés A peuvent être commercialisés. Dès lors, les notes B à G indiquées sur l’étiquette-énergie sont inutiles.
Le problème: puisque tous les sèche-linge disponibles sur le marché suisse doivent, à l’heure actuelle, être de classe A, le consommateur ne peut donc pas valablement distinguer un modèle dévoreur d’énergie d’un autre qui est économe.
3 - Etiquettes pour voitures
Dans ce secteur, l’échelle de notation n’a pas été modifiée. Toutefois, les exigences ont été réévaluées chaque année, afin d’éviter notamment la création de classe de type A+, comme pour les réfrigérateurs et les séchoirs. Les véhicules roulent donc dans toutes les catégories.
Le problème: la situation dans le secteur automobile prête vraiment à confusion. Prenons l’exemple de la skoda Roomster. Ce véhicule d’une cylindrée de 1,2 litre et de 86 CV était encore classée B en 2011, elle est passée à C en 2012 et elle est désormais en classe D. En revanche, sa consommation moyenne, elle, n’a pas changé…
Loïc Delacour


