
Les voleurs aiment Microspot
Chez Microspot, il suffit de transmettre ses coordonnées pour passer commandes. Les escrocs en profitent pour se servir dans la boîte à lait…
Ah le bon vieux temps, où on ne connaissait pas les cadenas pour vélo, où la clef dormait sous le paillasson et les colis attendaient sagement leur légitime propriétaire devant la porte… Cette époque n’est pas révolue pour tout le monde. Microspot, filiale de la Coop et leader de la vente en ligne de matériel électronique grand public, permet toujours de faire ses commandes «à l’ancienne», en indiquant simplement son nom, son prénom, son adresse et un email sur un formulaire en ligne.
Certes, le procédé est pratique, mais il permet aussi à un escroc modérément astucieux de passer commande en utilisant les coordonnées d’un client (y compris une adresse mail bidon) et d’aller se servir ensuite du matériel, souvent déposé dans la boîte à lait du destinataire désigné. C’est ce qui est arrivé récemment à trois Lausannois, selon une information du quotidien 20Minutes.ch. On imagine leur surprise en découvrant que Microspot leur facturait pour des centaines de francs de matériel qu’ils n’avaient jamais commandé, ni reçu! Bien inspirées, les trois victimes ont déposé plaintes à la police, ce qui pourra leur être utile au cas où elles sont amenées à prouver leur bonne foi.
Certes, les apparences sont contre elles, explique notre service juridique. Il n’empêche qu’il revient au vendeur de prouver qu’un contrat existe réellement entre Microspot et les prétendus acheteurs. Or, avec les formulaires électroniques, la tâche s’avère difficile pour Microspot.
Le plus étonnant dans cette affaire, c’est qu’elle n’est pas nouvelle. Des escroqueries similaires ont déjà été signalées en août 2011. Pourquoi Microspot n’a-t-elle pas modifié le processus de commande depuis est un mystère. Répondant à la journaliste de 20 Minutes, son directeur répond que, depuis 2011, le livreur demande au client de signer à réception du colis, mais que «ce n’est pas systématique».
A notre tour, nous avons interpellé Coop qui nous avait promis une réaction «dans l’après-midi». Le distributeur nous a ensuite fait savoir qu’il ne parviendrait pas à tenir les délais qu’il s’est lui-même fixé. Affaire à suivre.
Complément du 8 mars 2013: Coop nous a finalement fait savoir qu'elle règlera le cas particulier de manière conciliante mais ne communiquera pas davantage pour l'instant. Dont acte, puisque nous n'avons pas le choix. Mais un peu juste quand même pour une société aussi importante!
Philippe Chevalier


