
Du chocolat peu transparent
La Déclaration de Berne a évalué l’engagement social de 19 entreprises productrices de cacao en Suisse. Près d’un tiers de la branche a refusé de donner des informations et un autre tiers l’a fait de manière incomplète
Dans le cadre de sa campagne 2013 «Impossible de vivre avec le chocolat suisse inéquitable», l’ONG a mené une enquête auprès des producteurs suisses, afin d’évaluer à quel point elles prenaient au sérieux le problème de la production éthique. Pour la Déclaration de Berne, la responsabilité sociale se traduit, notamment, par un engagement pour l’amélioration des conditions de travail dans les plantations de cacao. En effet, cette filière, emploie près de 5,5 millions de familles de paysans, parmi lesquelles de nombreux enfants.
Pour désigner les entreprises les plus responsables, la Déclaration de Berne a dressé un questionnaire portant sur quatre critères d’évaluation:
- la traçabilité dans la chaîne d’approvisionnement;
- les mesures prises pour améliorer les conditions de travail dans les plantations;
- le système de vérification;
- la transparence.
Sur 19 sociétés interrogées, 12 seulement ont répondu à l’appel.
Les résultats ont relevé que, en général, les plus petits producteurs s’en sortaient mieux que les grandes firmes, à l’instar de Pronatec et Chocolats Halba (division de Coop), qualifiées de «pionnières» du secteur, et de Bernrain, Stella et Maestrani, considérées comme «prudentes» sur les questions d’équité et de durabilité.
Il a, en revanche, été difficile pour la Déclaration de Berne de dresser un portrait clair des producteurs de grande envergure tels que Nestlé, Lindt and Sprüngli ou encore Kraft Food, qui n’ont que partiellement répondu à l’enquête. L’ONG indique que ces grands groupes ont fait des investissements importants dans des programmes pour une production équitable durant les dernières années, mais que ces initiatives ne couvrent qu’une petite partie de l’énorme quantité de cacao utilisée.
Choco Suisse réagit
Interpellée dans l’émission On en parle de la RTS, la Fédération Suisse des fabricants de chocolat s’est montrée surprise des résultats de l’enquête. Le directeur de Choco Suisse, Franz Schmid, juge en effet l’ONG « très critique», notamment lorsqu’elle qualifie d’«opaques», les firmes qui n’ont pas répondu à la recherche, à l’image d’Alprose, Farvager et Camille Bloch. «Ce questionnaire de 10 pages contient des questions sur les profits, les clients ou la part de marché auxquelles nous de pouvons pas répondre. Il faut respecter cela, c’est la liberté des entrepreneurs», s'est-il, notamment, défendu.
Jessica Vial


