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Et voici les poissons de mer suisses…

Plusieurs firmes helvétiques s’apprêtent à produire du poisson et des crevettes élevés en eau salée. Une solution pour répondre à la hausse de la consommation et limiter l’importation.

Les consommateurs suisses devraient bientôt trouver du poisson et des crustacés de mer issu de la production indigène dans les rayonnages des magasins. En effet, plusieurs projets locaux aquaculture visant à élever des maquereaux, des dorades ou des crevettes sont en cours. Une bonne nouvelle pour les Suisses, dont la consommation annuelle de poissons et de fruits de mer a augmenté de plus de 50% au cours des 20 dernières années, atteignant plus de 9 kg par personne, d’après les chiffres du WWF. Or, selon les statistiques de l’office fédéral de l’environnement, plus de 90% des de ceux en Suisse sont importés, soit quelque 50 000 tonnes, dont 13 700 de poisson de mer frais. L’aquaculture locale en eau salée est donc un moyen de limiter ce phénomène.

Le projet le plus conséquent est celui de la firme OceanSwiss Alpine Seafood (OSAS), qui construit, pour 2014, la plus grande ferme aquatique de Suisse, à Buttisholz (LU). Cette infrastructure géante, comportant 6 bassins d’eau salée, permettra la production de plus de 1 000 tonnes de poissons par an. L’entreprise se spécialise dans l’élevage d’espèces nobles comme le loup de mer, la dorade et le King fish, mais envisage aussi de produire des crustacés. «Nos poissons vivent dans un environnement exempt de produits chimiques et d’antibiotiques», précise par ailleurs Dirk van Vliet, l’entrepreneur glaronais en charge de l’OSAS.

Autre projet dans le Mittelland bernois, où la firme soleuroise SwissShrimp cherche à s’implanter afin de lancer sa première production de crevettes «swiss made», en 2015 au plus tard..

50% plus cher

Cela dit, un tel produit, frais et à l’écobilan optimal, a un coût. Dmitri Pugovkin, zoo ingénieur en aquaculture à la Haute école spécialisée de Wädenswil (ZH), estime que le poisson de mer suisse pourrait être majoré d’environ 50% par rapport à celui importé, mais que la clientèle helvétique est prête à payer. «Les consommateurs suisses aiment le poisson, sont soucieux de la qualité et veulent savoir d’où viennent les produits. En outre, le poisson d’élevage suisse est un produit de niche», a-t-il assuré à nos confrères de 20 Minuten.

Le WWF salue le fait que le poisson de mer suisse sera produit sans farines animales ni antibiotiques, ce qui est souvent le cas à l’étranger. L’ONG souligne toutefois que l’aquaculture suisse devrait pouvoir être certifiée par un label reconnu de confiance, comme le standard Bio, afin que les consommateurs puissent s’assurer des bonnes conditions de production.
Jessica Vial