
Prendre le large sans boire la tasse
Rien de tel qu’une année sabbatique pour refaire le plein d’énergie et fuir la routine. Une décision qui demande réflexion, préparation et organisation.
Terminé l’éternel refrain «métro, boulot, dodo»: c’est décidé, demain je mets les voiles! Nombreux sont ceux qui pâlissent d’envie à l’idée de prendre une année sabbatique pour oublier leur train-train, découvrir d’autres cultures ou suivre une formation loin de chez eux. Mais il y a un monde entre ceux qui en rêvent et ceux qui font le pas. Car une telle aventure n'arrive pas en claquant des doigts: il faut être bien organisé et ne rien oublier. Outre la préparation du voyage (choix de la destination et du logement, budget à prévoir, vaccins à faire, visas à obtenir, etc.), d’autres démarches purement administratives sont incontournables.
Tout d’abord, il convient de s’arranger avec son employeur pour obtenir la suspension temporaire de son contrat de travail avec un congé non payé (lire encadré). Puis d’établir, ensemble, une convention écrite qui en précise les dates et la durée. Et de réfléchir aux conséquences en matière d’assurances.
- L’assurance accidents se termine 30 jours après la fin du droit au salaire (tout comme les indemnités journalières en cas de maladie). Il faut donc penser à prolonger sa couverture, à ses propres frais, auprès de la compagnie de son entreprise, par exemple.
- Le mieux est de payer sa prime d’assurance maladie annuellement et de souscrire une complémentaire si la caisse ne couvre pas les frais de santé dans le pays de destination. Il est aussi recommandé de contracter une assurance voyages qui prend en charge, notamment, les frais d’annulation et fournit une assistance en cas de vol ou lors d’un accident.
- Pour toucher le chômage, on doit avoir cotisé au moins pendant 12 mois au cours des deux dernières années. Ce qui revient à dire que si on part plus d’un an à l’étranger, il faudra, au retour, cotiser au minimum une année pour avoir de nouveau droit aux indemnités!
- Sans activité lucrative, chacun est quand même tenu de cotiser à l’AVS à hauteur de 480 fr. par année (pour ceux dont la fortune est inférieure à 300 000 fr.).
- Attention d’avertir le fisc, au départ comme au retour, et de payer tous ses impôts avant de partir.
- Gare, également, à ne pas laisser de factures en suspens! S'agissant des petits crédits ou des leasings, le mieux est, si possible, de payer la totalité de son dû avant le départ. Ou de régler par le biais d’ordres permanents.
- Ne pas oublier de résilier à temps ses abonnements (téléphones, internet, journaux, Billag, etc.).
- Ni de sous-louer son logement. Pour ceux qui craignent d’y laisser leur mobilier, le stocker dans un garde-meubles.
- Enfin, concernant la voiture, déposer les plaques évite de s’acquitter des assurances (RC, partielle ou casco) et de la taxe automobile.
Le retour à la réalité
Pour ceux qui n’ont pas obtenu de congé non payé, la difficulté de retrouver un job est bien réelle. Durant un long séjour à l’étranger, il est donc indispensable de soigner son réseau (avec Facebook et LinkedIn, par exemple).
Par ailleurs, un trou d’une année dans un CV a aussi ses bons côtés: il faut donc user de stratagèmes pour montrer à son futur employeur que cette pause a été en tous points bénéfique (remise en forme, persévérance, ouverture d’esprit, etc.).
Marie Tschumi


