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Des frais qui vont de 1 à 12!

Passer des ordres boursiers en ligne, ce n’est pas gratuit. Notre comparaison des sites de dix banques suisses montre que les plus grandes sont aussi les plus chères.

Toujours plus nombreuses, les corbeilles en ligne permettent de gérer son portefeuille sans sortir de chez soi. Mais à quel prix? Pour le savoir, nous avons comparé les tarifs d’une dizaine de plateformes financières (voir tableaux). Nous avons retenu deux genres d’opérations: l’achat d’ETF et de fonds gérés activement*.

Résultat de notre enquête: il vaut la peine de comparer les frais de courtage des différents sites boursiers, tant les différences sont importantes!

ETF: le virtuel en tête

Pour le petit investisseur, qui met des ETF (lire «Les ETF explosent», TCF 8/2012) dans son portefeuille, les sites boursiers qui n’ont pas pignon sur rue sont nettement plus avantageux. Il déboursera ainsi 122 fr. chez Strateo, filiale du Crédit Agricole français, 144 fr. chez Swissquote et 156 fr. chez Saxo Bank. A l’opposé, la facture grimpe à 1260 fr. à UBS et même à 1416 fr. à Credit Suisse, soit dix fois plus!

Attention toutefois: chez Strateo, le forfait de 9 fr. par transaction n’est valable que pour les quelque 80 produits du partenaire de la plateforme, Comstage, filiale de la Banque allemande de commerce. Autres conditions: les ETF doivent être libellés en francs, passer par la Bourse suisse et l’ordre doit être compris entre 500 fr. et 250 000 fr. Celui qui veut contourner Comstage paiera 25 fr. de taxe pour un ETF valant 3000 fr.

Et, chez Swissquote, le forfait de 9 fr. par ordre (9 euros ou 9 dollars pour les ETF émis dans ces monnaies respectives) s’applique à une sélection de produits émis par les neuf partenaires du site boursier et négociés à la Bourse suisse. Mais ce choix comprend plusieurs centaines d’ETF, soit bien davantage que chez Strateo.

Le troisième établissement à se hisser sur le podium, Saxo Bank, n’apparaît que dans la catégorie des ETF. Le site n’offre en effet pas de fonds gérés activement et ne propose des obligations qu’à partir de 50 000 euros.

Quant à VZ VermögensZentrum, il limite son offre à une cinquantaine de produits sélectionnés par ses soins parmi les quelque 900 ETF cotés à la Bourse suisse. Nous avons toutefois estimé que cette pratique n’est pas gênante pour les amateurs.

Fonds maison

Du côté des fonds de placement, le petit investisseur paiera 144 fr. chez Swissquote et 1708 fr. chez VZ. Pour établir notre profil, nous sommes partis du principe que l’acheteur ferait ses emplettes dans un éventail de fonds «maison» ou émis par un partenaire financier de la plateforme. Ce critère pénalise donc VZ, qui facture 1708 fr. pour les transactions que nous avons retenues. C’est nettement davantage que les deux grandes banques (1041 fr. à Credit Suisse et 1080 fr. à UBS).

Marc Weber de VZ justifie cette facture en expliquant que son établissement n’émet pas lui-même de produits financiers. VZ conseille donc à ses clients d’opter pour des ETF, à un prix forfaitaire de 39 fr. par transaction.

A l’opposé, Swissquote établit une note de 144 fr. pour les mêmes services. La plateforme helvétique est talonnée par Strateo (146 fr.). Celle de la BCV, tradedirect.ch, qui est la plus avantageuse des institutions ayant pignon sur rue, s’en sort aussi très bien avec 198 fr. de frais.

La Banque Migros, qui la suit de près avec un total de 203 fr., marque quant à elle des points en limitant ses dispositions tarifaires à une demi-page A4. Celles-ci sont, de plus, très compréhensibles, ce qui ne va pas de soi! Plusieurs banques se sont ainsi elles-mêmes trompées en faisant leurs calculs pour nous répondre, tant leurs grilles tarifaires, qui s’étendent sur plusieurs pages, sont compliquées, entre les petites notes de bas de page et les nombreuses exceptions...

Conseils de placement

Avant de se lancer dans une gestion en ligne, on prendra note des éléments suivants.

Conseil – Les sites boursiers entièrement virtuels, tels que Swissquote, Saxo Bank ou Strateo ne fournissent en principe pas de conseil sur les placements. Ils ne proposent qu’une ligne téléphonique pour les questions relatives à l’offre et à l’utilisation de leur site.

Diversification – Un investisseur doit, dans la mesure du possible, limiter les risques en partageant son portefeuille entre différents genres de placements. Les opérations que nous avons retenues dans nos profils ne constituent donc pas un exemple type de portefeuille. Elles ne sont là que pour illustrer les frais inhérents à chaque catégorie de placement.

Long terme – Les conseillers bancaires proposent régulièrement leurs propres produits à leurs clients. Ceux-ci semblent particulièrement avantageux, puisque la fameuse commission de dépense n’est pas facturée. Ce critère ne devrait toutefois pas être déterminant à l’achat: on relèvera plutôt le rendement du fonds à long terme et les frais annuels inhérents à sa gestion. Et, dans ce domaine, les produits «maison» ne sont pas toujours les plus intéressants.

Modestie – Les titres isolés et les fonds sont réservés aux investisseurs aisés qui placent leurs biens sur le long terme et peuvent donc encaisser les variations de cours. Les petits investisseurs privilégieront les ETF, accessibles aux budgets modestes, tout en étant, de par leur nature même, déjà diversifiés.

Stabilité – Les remaniements trop fréquents rapportent davantage d’argent à la banque émettrice qu’à l’investisseur.

Claire Houriet Rime

Bonus web: actions et obligations: chères grandes banques


Pour télécharger les tableaux comparatifs, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.

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