
Le cheval est rare, mais pas cher
La viande d’équidé n’a pas la cote dans les assiettes helvétiques. Avec une demande si faible, les prix sont forcément plus avantageux que pour le bœuf, nettement mieux considéré.
Les Suisses ne sont pas de grands amateurs de viande de cheval. En 2011, selon les chiffres de Proviande, chaque habitant a consommé 11,29 kilos de bœuf, 3,22 kilos de veau et seulement 0,68 kilo d’équidé. «La demande est tellement faible que les producteurs ne peuvent pas exiger des tarifs élevés», explique Heinrich Bucher, directeur de Proviande.
En Suisse, comme ailleurs en Europe, le cheval n’est du reste pas un animal destiné à l’abattage. Son rôle est davantage celui d’un animal de trait, ou, plus noblement, de compétition. Pour les éleveurs, il est donc bien plus rentable d’écouler leurs bêtes sur les champs de course que dans les abattoirs. La part du cheval de boucherie suisse ne dépasse ainsi pas 7,6% de notre consommation, le reste étant importé.
Le cheval ne se prête en outre pas, contrairement aux veaux, à l’élevage intensif, si bien qu’il reste une produit de niche. Les producteurs suisses préfèrent élever des bovidés, dont la part est très majoritairement indigène (83,5% pour le bœuf et 97,3% pour le veau).
Sur le plan diététique, de bons arguments plaident toutefois en faveur de la viande chevaline. Ainsi, une entrecôte de cheval ne compte que 113 kcal / 100 gr., alors que le bœuf en totalise 133. L’apport en protéines est en revanche presque identique: 22.9 gr./ 100 gr. pour le cheval et 23.2 gr./100 gr. pour le bœuf.
Claire Houriet Rime


