
Habits toxiques: Coop et Migros face à des choix
Selon Greenpeace, certains habits vendus par les deux géants orange contiennent des substances nocives. Coop s’est engagé à prendre des mesures globales.
Greenpeace a analysé quatre vêtements des marques Migros et trois des marques Coop fabriqués en Chine, Inde et Bosnie. Il s’agit de trois t-shirts, d’un pantalon de jogging, d’une blouse, d’une chemise et d’une veste de pluie pour enfant. Résultat: ils contiennent tous, à des degrés divers, une ou plusieurs substances toxiques. Il peut s’agir de phtalates, de nonylphénols (NP), d’exhoxylates de nonyphénols (NPE) ou encore de produits per- et polyfluorés (PCF) (lire l’étude de Greenpeace).
Ces substances sont utilisées les unes pour imperméabiliser les vêtements, les autres pour les laver dans la phase de teinte, ou encore comme assouplissant. Invité ce jeudi 14 février par l’émission On en Parle (RTS-La Première), Mathias Schlegel, porte-parole de Greenpeace, a indiqué que ces vêtements ne présentent pas, en l’état actuel des connaissances, de danger pour ceux qui les portent. Par contre, les substances utilisées pour leur fabrication se retrouvent dans les eaux des pays d’origine, ainsi qu’en Suisse lorsqu’ils sont lavés. L’enjeu est donc mondial pour des produits susceptibles de perturber le système reproducteur et hormonal humain.
Un problème, deux attitudes
L’organisation écologiste relève que «Coop a reconnu sa responsabilité et s’est engagé à collaborer avec ses fournisseurs pour produire des vêtements sans toxique. L’entreprise travaille notamment à l’élimination totale des alkyphénols de toute sa chaîne de production d’ici fin 2013».
Greenpeace estime que ces mesures constituent une première étape importante pour atteindre l’objectif que Coop, à l’instar de 16 autres distributeurs et marques internationales, s’est fixé en signant l’engagement Detox de l’organisation écologiste: interdire toutes les substances dangereuses sur l’ensemble de sa chaîne de production d’ici à 2020. A noter que Coop n’a pas jugé, pour autant, nécessaire de retirer les trois habits analysés, estimant que les quantités trouvées ne présentent pas de danger.
Migros, par contre, a retiré des rayons la veste d’enfant Trevolution, qui présente la plus haute concentration de substances toxiques du test. Mais l’entreprise ne souhaite pas rejoindre l’engagement Detox, jugeant l’objectif du «zéro trace» impossible à atteindre. Elle relève que son label Eco créé en 1996, et qui représente 70% de son assortiment, vise à réduire au maximum les substances problématiques.
Mathias Schlegel porte un regard critique sur cette décision: «En estimant qu’elle ne peut pas y arriver, Migros jette l’éponge avant même de monter sur le ring alors que Coop a décidé de prendre ses responsabilités et part du paradigme qu’elle peut y arriver».
Sébastien Sautebin


