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L’application Mailbox se fait désirer

Disponible depuis peu sur l’App Store, Mailbox, la nouvelle application de messagerie électronique pour iPhone n’est pas encore utilisable. En cause: un système de file d’attente. Par ailleurs, la sécurité des données qui y transitent n'est pas garantie.

Annoncée comme très innovante, l’application gratuite Mailbox permet de classer les e-mails par ordre d’importance, plutôt que par date. Dès la réception d’un message, si on ne veut pas y répondre immédiatement, on peut le supprimer, l’archiver, le classer dans une liste ou décider d’y répondre plus tard (dans la journée, le soir, le lendemain, le week-end, dans un mois ou à une date précise). Toutes les actions s’effectuent par un simple glissement du doigt sur l’intitulé du message.

Dès son annonce, l’application avait déjà séduit des milliers d’utilisateurs dans le monde. C’est pourquoi Orchestra, la start-up qui a développé ce gestionnaire de tâches et d’e-mails, a décidé de créer une liste d’attente pour éviter de faire surchauffer leurs serveurs lors de la sortie officielle. Résultat, en téléchargeant gratuitement l’application, seule l’interface indiquant sa position dans la longue file d’attente est accessible. Au lancement, plus de 500 000 personnes patientaient déjà et personne ne sait à quelle vitesse les accès sont délivrés… alors la patience est de mise!

Défauts à corriger

Présentée comme étant révolutionnaire, quelques défauts viennent ternir cette application. Pour l’instant, elle n’est disponible qu’en anglais et ne fonctionne qu’avec les comptes Gmail. Les développeurs ont toutefois assuré travailler à l’intégration d’autres services de messagerie. Les versions Android, pour tablettes ou ordinateurs sont aussi en projet.

Gare aux données!

Enfin, il faut savoir qu’il n’existe pas encore de filtre anti-spam propre à l’application, mais surtout que les messages doivent obligatoirement transiter sur les serveurs de la start-up, basée à San Francisco. «Ce paramètre est très dangereux et on peut vite se retrouver dans l’illégalité», alerte Sébastien Fanti, avocat spécialisé dans les nouvelles technologies et l’internet. «Les Etats-Unis n’ont pas le même niveau de protection des données qu’en Suisse, car la politique de confidentialité diverge», explique-t-il. Ainsi les e-mails contenant des données confidentielles ou tenues du secret professionnel ne seront plus en sécurité. La prudence doit donc être de mise.

Audrey Ducommun