
16 dentifrices: tout sourire
La grande majorité des dentifrices nettoie bien, voire très bien, les dents. Ce qui les différencie principalement, c’est leur prix.
Prévenir la formation de la plaque dentaire et les caries. C’est ce qu’on attend d’un dentifrice, histoire de ne pas se brosser frénétiquement les quenottes pour des prunes. Nous en avons donc fait analyser seize qui conviennent aux personnes n’ayant pas de problèmes dentaires particuliers. Leur abrasivité, leur teneur en fluor et la présence de triclosan ont été les principaux critères du test (lire encadré).
Gare aux décapants!
Ce qui frappe au premier coup d’œil, ce sont les énormes différences de prix: les pâtes d’Elmex (5.27 fr./100 ml) et Trybol (5.50 fr./100 ml) sont presque dix fois plus chères que les produits les plus avantageux du lot! Et ils ne sont pas dix fois plus efficaces pour autant: Trybol se classe même avant-dernier (voir tableau), alors qu’Elmex termine dans le ventre mou du classement. En revanche, les articles premier prix d’Aldi et de Denner décrochent la mention «très bon».
Les dentifrices sont censés renforcer l’action du brossage en éliminant la plaque dentaire qui se forme avec les débris alimentaires. Ils sont donc composés de petites particules abrasives qui doivent avoir un effet décapant, sans pour autant endommager ni l’émail ni la dentine sous-jacente. C’est pour cette raison qu’un tube utilisé quotidiennement ne doit pas être trop agressif. Et qu’il est conseillé, du reste, d’utiliser une brosse avec des poils doux et d’exercer peu de pression sur les dents.
De fait, plus les articles testés étaient abrasifs, plus ils ont été pénalisés sur ce critère. A ce jeu-là, le Colgate Blue Fresh Gel, le Dentamed et le Candida Peppermint se sont révélés les plus doux. A l’opposé, le Coop Prix Garantie, le Trybol et le Nevadent n’ont pas brillé dans ce domaine, le dernier nommé obtenant même l’appréciation «peu satisfaisant». Lidl s’est empressé de réagir en expliquant que la quantité de particules abrasives avait été augmentée pour améliorer l’action nettoyante et pour mieux coller à la mention «protection antitartre».
Du fluor soluble, c’est mieux
Pour prévenir les caries, les dentifrices peuvent contenir jus qu’à 0,15% de fluor, soit 1500 ppm (pour parties par million). Lors du brossage, les ions fluorure se déposent sur la couche superficielle de l’émail et rendent ainsi les dents plus résistantes à l’acide. Si le taux de fluor doit être limité pour les enfants en bas âge (lire «Petites quenottes sous protection», BàS 12/2012), il a tout intérêt à être élevé pour les adultes. Mais la concentration ne fait pas tout, encore faut-il que la substance soit soluble. Aussi les produits ont-ils été notés en fonction de la disponibilité réelle du fluorure.
Sur ce point, la majorité des articles s’en est sortie avec les honneurs. Seul le Trybol a dû se contenter d’une appréciation «satisfaisant», nos experts ayant mesuré 729 ppm de fluorure seulement, soit la moitié environ de ce que contenaient ses concurrents. En réaction, le fabricant nous a précisé que la recette de son dentifrice sera modifiée au cours du printemps en fonction des dernières recherches dans le domaine.
Le triclosan plutôt rare
Dans la foulée, le laboratoire a examiné si les pâtes contenaient du triclosan. Tueuse de bactéries, cette substance est souvent utilisée dans les cosmétiques, les vêtements et les produits de nettoyage. Le hic, c’est qu’elle est soupçonnée de développer des bactéries nuisibles qui résistent notamment aux antibiotiques. La bonne nouvelle, c’est que seul le Colgate Total en contenait, entraînant une dépréciation de sa note finale. Le fabricant se défend en jugeant que la faible quantité de triclosan ne pose pas de problème pour la santé.
Jeannette Büchel / yng
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