
50 fonds de placement: la confiance retrouvée
La politique a clairement influencé les indices boursiers du dernier trimestre de 2012. Le marché européen sort la tête de l’eau avec l’euro.
L’année 2012 s’est terminée sur des notes très positives, telles que la grimpée des corbeilles grecques ou la reprise de l’action UBS. En Suisse, le SMI renoue avec la barre des 7000 points. Sur le plan mondial, les Etats-Unis retrouvent confiance après avoir écarté le spectre d’une cure d’austérité drastique. La Chine, de son côté, a redressé son économie, avec des retombées positives pour la planète entière.
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1 / Obligations suisses – Le dernier trimestre de l’année écoulée a été très stable sur le marché des obligations. Les rendements des emprunts fédéraux ont baissé quelque peu pour se reprendre ensuite, mais à un niveau très bas. En décembre, la Banque nationale suisse a annoncé s’en tenir à sa stratégie, tant pour le Libor que pour le taux plancher de 1.20 fr. avec l’euro. Les prix des emprunts des institutions financières ont en revanche nettement augmenté. Ce secteur devrait se montrer intéressant à moyen terme.
2 / Actions suisse – Le SMI a gagné 5% au dernier trimestre, dépassant pour la première fois la barre symbolique de 7000 points depuis la crise financière de 2008. Il a progressé de 15% sur l’ensemble de l’année, affichant son meilleur résultat depuis 2009. Les valeurs cycliques ont profité de la propension au risque que les investisseurs ont retrouvée, alors que les valeurs défensives, telles que Nestlé, Novartis ou Roche, ont plombé le résultat. L’action UBS a progressé de 24% sur la période qui a suivi l’annonce, par la banque, d’une réduction de ses activités d’investissement pour se recentrer sur la gestion de fortune.
3 / Actions Europe – L’évolution positive en Europe, aux Etats-Unis et en Chine influence les mouvements de l’Euro Stoxx 50, qui termine le quatrième trimestre sur une hausse de 7,2%. Aucune tendance nette ne se dégage toutefois des différents pays du Vieux-Continent. Porté par les progrès de politique économique, l’indice composite grec Athex a progressé de 49% entre juillet et décembre pour terminer l’année à +32,4%, soit le meilleur résultat annuel de toutes les corbeilles européennes.
4 / Actions Amérique du Nord – Les incertitudes sur l’issue des élections présidentielles, puis sur le débat autour du budget, ont porté ombrage à l’évolution positive de l’économie américaine. Bien que la plupart des investisseurs soient restés optimistes, l’éventualité d’un mur budgétaire, qui aurait entraîné le pays en récession, n’a pas suffi à apaiser la nervosité ambiante. Le compromis trouvé in extremis a permis aux marchés de se ressaisir, l’indice S&P 500 grimpant aussitôt de 4% pour retrouver les sommets atteints à la mi-septembre.
5 / Actions Asie Pacifique (hors Japon) – Les prévisions de croissance revues à la hausse pour la Chine ont favorisé les marchés d’actions en Asie. Le rétablissement de l’économie chinoise doit être imputé à l’augmentation des investissements d’Etat et à des améliorations sur le marché domestique, lesquelles ont relégué à l’arrière-plan la perspective d’un brusque ralentissement. Les autres économies de cette partie du monde ont profité de ce nouveau souffle, en particulier l’Australie, fortement dépendante de ses échanges commerciaux avec Pékin.
6 / Actions pays émergents – L’amélioration des prévisions de croissance a dopé les pays émergents, ceux-ci réalisant ainsi de meilleures performances que les Etats industrialisés. En Chine, les données conjoncturelles se sont constamment améliorées, dopées par le secteur immobilier convalescent et les investissements consentis par l’Etat. Le MSCI China en CHF a augmenté de 10% pendant le dernier trimestre, contre 2,9% pour le MSCI Emerging Markets. En Inde, l’annonce des premiers pas vers la libéralisation des investissements étrangers avait dynamisé les marchés. Cette ouverture est toutefois timide, et l’euphorie est donc vite retombée, le MSCI India perdant 1,9% au dernier trimestre.
7 / Actions financières – La politique a joué un rôle primordial dans l’évolution des marchés, l’automne dernier. En lançant son deuxième programme de rachat des dettes publiques, la Banque centrale européenne a permis aux pays les plus endettés de la zone euro de lever des emprunts à des taux raisonnables. Et la création d’un conseil de supervision des banques a restauré la confiance. De nombreuses banques se sont enfin réorientées, telle UBS qui diminue ses activités dans le domaine de l’investissement pour se recentrer sur la gestion de fortune. L’indice MSCI World Financials a progressé de 5,6% au 4e trimestre de 2012, affichant même une progression de 27% sur l’année.
8 / Actions pharma-santé – Les investisseurs ont repris confiance, au détriment des titres défensifs, tels que le secteur de la santé. Facteur décisif dans ce domaine, les échéances de brevets se sont multipliées en 2012 et devraient continuer à déterminer les cours jusqu’en 2015. Le secteur a, toutefois, progressé de 15% sur l’année, tiré à la hausse par les entreprises actives dans la biotechnologie, le diabète ou les génériques. Ces dernières devraient garder le vent en poupe en 2013, ce qui n’exclut cependant pas quelques corrections, au vu de leur niveau élevé.
9 / actions matières premières – Le redressement de la croissance en Chine ainsi que la dynamique conjoncturelle aux Etats-Unis déterminent actuellement le prix du pétrole dont le cours reste modeste, l’offre répondant largement à la demande. Depuis la troisième semaine d’octobre 2012, l’indice général des matières premières reste stable, chaque secteur vivant toutefois sa propre évolution. Ainsi, les métaux industriels progressent, ce qui est logique au vu de la conjoncture. L’or, en revanche, n’a cessé de perdre du terrain depuis septembre, accusant encore le coup en décembre lorsque que la Réserve fédérale américaine a laissé présager un prochain resserrement de sa politique monétaire.
10 / Fonds immobiliers – Après plusieurs semaines de calme plat, les placements immobiliers ont quelque peu progressé en décembre. Bien que les investisseurs privilégient de nouveau les placements plus risqués, les fonds immobiliers terminent l’année avec une hausse de 6,3%. Les actions immobilières affichent +13,1%. Les taux, très bas, devraient se maintenir en 2013, ce qui rend peu probable toute correction sévère dans ce domaine. Le secteur de la construction, toujours très dynamique, mérite en revanche d’être surveillé de près. Car, en cas de ralentissement économique, il faudrait s’attendre, dans les immeubles commerciaux, à une baisse des loyers et à une augmentation de locaux vacants.
Claire Houriet Rime
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