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La France a banni le bisphénol A. La Suisse ne bronche pas

Depuis le 1er janvier, le bisphénol A est interdit de tous les produits destinés aux enfants de moins de trois ans dans l’hexagone.

La France fait œuvre de pionnier au niveau mondial. En effet, le 26 décembre, le parlement français a, voté à l’unanimité, l’interdiction du bisphénol A dans tous les produits destinés aux bébés de 0 à 3 ans. La mesure est entrée en vigueur au 1er janvier de cette année. Elle s’appliquera à l’ensemble des contenants alimentaires début 2015. La France avait déjà interdit les biberons au Bisphénol A en 2010, l’Union Européenne en 2011 et le Canada en 2008. De fait, ceux-ci ont également disparus des rayons helvétiques bien que la Suisse persiste à ne pas légiférer en la matière.

Il y a longtemps que les scientifiques ont sonné l’alerte sur les dangers potentiels du bisphénol A. Selon le quotidien français Libération, près de 700 études auraient été menées à ce jour, qui, pour la plupart, pointent ses dangers comme perturbateur endocrinien, cancérigène et neurotoxique. Une recherche, publiée en septembre dernier par l’Université de New York, fait également le lien entre l'absorption de bisphénol A et l'obésité chez les enfants.

La décision française aura des répercussions importantes pour l’industrie, tant ce composé chimique est omniprésent. On le trouve notamment dans les barquettes alimentaires, les revêtements des canettes et boîtes de conserves et même les composites dentaires. Des vernis de substitution sont toutefois d’ores et déjà opérationnels a confirmé, en juin 2012, le patron du Syndicat français des fabricants de boîtes, emballages et bouchages métalliques, Olivier Draullette.

Face à de telles incertitudes sur ce composé, la ministre française de la santé Marisol Touraine déclarait en octobre de l’année dernière qu’il serait «irresponsable de ne pas appliquer strictement le principe de précaution». Pour sa part, l’Agence nationale (française) de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES), jugeait également nécessaire, dans un rapport de septembre de 2011, de remplacer la substance «sans tarder».

En Suisse pourtant, l’Office fédéral de la santé publique répond de manière constante qu’il n’existe pas de démonstration scientifique des risques concernant le bisphénol A, au–dessous des doses journalières admissibles. Une interdiction aurait, selon elle, des conséquences trop lourdes pour l’industrie et risquerait, en outre, de mettre sur le marché en urgence des substances alternatives moins sûres pour la santé des consommateurs. 

Philippe Chevalier