
Fraude massive autour de l’huile d’olive italienne
Sur cinq bouteilles d’huile d’olive italienne, quatre proviennent d’autres pays méditerranéens! La tromperie choque par son ampleur.
La production d’huile d’olive revient plus cher en Italie que sur le pourtour de la Méditerranée, notamment à cause du coût de la main d’œuvre. Pour les producteurs locaux, il est donc tentant de couper cet or liquide avec des fruits pressés ailleurs. Et ils ne s’en privent pas, à en croire le quotidien italien La Repubblica, relayé par l’émission de la RTS On en parle.
Les autorités de la péninsule ont découvert qu’à l’exportation, quatre bouteilles sur cinq contiennent de l’huile pressée en Grèce, en Espagne, voire même en Tunisie ou au Maroc! Comment expliquer, en effet, que l’Italie importe 470 000 tonnes d’huile d’olive pour en exporter 250 000 tonnes? La consommation des ménages de la péninsule ne suffit de loin pas à expliquer la différence. Or, le montant de la supercherie a coûté quelque 5 milliards d’euros (6,04 milliards de francs suisses) aux consommateurs.
Surpris par l’ampleur du phénomène, le chimiste cantonal neuchâtelois Pierre Bonhôte a déclaré sur les ondes de la RTS que de nouveaux contrôles seraient effectués en Suisse. Depuis 2009, les producteurs doivent d’ailleurs indiquer l’origine des olives, et non seulement l’endroit où elles ont été pressées. Pour se prémunir contre tout mensonge, il conseille d’opter pour une huile à l’indication géographique protégée (IGP): ce label certifie qu’une instance indépendante a vérifié la provenance des olives.
De leur côté, Migros et Coop assurent avoir des contacts réguliers avec leurs producteurs respectifs, Monini et Berio. Un test réalisé par Bon à Savoir avait du reste certifié la provenance de ces produits, l’huile de Monini sortant ainsi deuxième de notre comparatif.
Claire Houriet Rime


