
J’ai trop joué, je n’entends plus rien
Les jouets sonores d’aujourd’hui annoncent-ils les sourds de demain? Le débat est lancé en France. Face aux seuils légaux trop élevés, la prudence s’impose.
Via son magazine 60 millions de consommateurs, l’Institut national de la consommation français lance un cri d’alarme: à l’approche de Noël, les oreilles de nos chères têtes blondes sont menacées par les jouets sonores, de plus en plus à la mode, mais souvent très, trop bruyants.
«Les enfants ne se défendent pas contre le bruit, ils n’ont pas de repères et se laissent exposer aux sons forts» explique Paul Avan, professeur de biophysique à l’université d’Auvergne. Or, des sons trop forts détruisent les cellules sensorielles des oreilles qui ne se régénèrent pas, et les victimes n’en ressentent les dégâts que bien plus tard.
Les jouets d’aujourd’hui pourraient donc bien engendrer les malentendants de demain, ce d’autant plus que les normes suisses, calquées sur celles de l’UE, fixent des valeurs limites trop élevées: 115 décibels (dB) et 80 dB pour les jouets «à mettre près de l’oreille», comme les téléphones factices.
A titre de comparaison, selon la SUVA, une tronçonneuse dégage environ 105 dB. Et dans les discothèques ou lors des concerts, le niveau moyen ne doit pas excéder 100 dB sur une heure.
Danger bien réel
60 millions de consommateurs a effectué plusieurs mesures inquiétantes comme celles d’un téléphone-hochet qui a envoyé des pics de 100 dB et celles d’un piano-xylophone qui atteignait 115 dB à 10 cm de distance. Le risque est donc bien réel. L’Europe n’ignore pas le problème et planche actuellement sur de nouvelles valeurs, plus faibles, prévues pour juillet 2013.
En attendant, les parents ont donc tout intérêt à jouer la prudence, ce d’autant plus qu’en Suisse, la conformité des jouets vendus aux normes légales, déjà trop élevées, n’est quasiment pas vérifiée.
Par précaution, on peut évidemment éviter d’acheter de tels objets ou, à défaut, enlever les piles, régler le volume lorsque cela est possible, éventuellement mettre du scotch sur le haut parleur, ou encore faire discrètement disparaître l’engin diabolique peu après Noël…
Sébastien Sautebin


