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La lente dégradation des sacs biodégradables

Lausanne interdit l’utilisation de sacs biodégradables dans les containers à déchets ménagers. Ils mettent en effet trop longtemps à se transformer.

Cherchez l’erreur: à Lausanne, on ne peut pas mettre de sacs biodégradables dans les containers à compost! Mikhael de Souza vient en effet de remarquer qu’un nouvel autocollant interdisait ces sachets pourtant spécialement conçus. «Ces matériaux ne sont-ils donc pas compostables?» s’interroge notre lecteur.

«Les sachets en amidon de maïs ou autres matières organiques sont certes biodégradables, mais ils mettent beaucoup plus longtemps à se décomposer que les autres déchets végétaux», explique Christophe Dubois du Service d’assainissement de Lausanne.

Le plastique végétal est en effet composé de produits naturels (amidon de maïs ou de pomme de terre) et d’un polyester d’origine fossile qui a besoin de plusieurs mois pour se dégrader complètement.

Ce décalage dans le processus a deux effets indésirables. D’une part, comme, à Lausanne les résidus ménagers sont étendus sur les champs pour y être retournés et se transformer en compost, il n’est pas du tout esthétique d’y voir voleter des lambeaux qui ressemblent à du plastique. Et, d’autre part, ces derniers n’ont pas terminé leur processus de décomposition quand le reste des déchets est prêt à être utilisé comme du compost.

Cher et pas si vert

Si toutes les communes n’appliquent pas le même système, il est préférable de collecter ses épluchures dans un récipient muni d’un couvercle qu’on videra régulièrement dans le container prévu. Cette solution a en outre l’avantage d’être économique, les sachets biodégradables étant relativement chers: entre 0.35 fr. et 0.45 fr. pièce selon leur taille.

Le même raisonnement s’applique à la vaisselle en amidon de maïs, soi-disant entièrement recyclable, mais dont la fabrication nécessite beaucoup d’eau. Sans mentionner la monoculture qui conduit à la déforestation de régions entières dans les pays du Sud: on utilisera de préférence des gobelets lavables et réutilisables.

Claire Houriet Rime