
Souffler, c’est cancérigène
Dans le dossier des éthylomètres, le Gouvernement français se comporte un peu comme un poivrot: un pas en avant et deux en arrière. Après avoir imposé la présence d’un éthylomètre dans tous les véhicules au 1er juillet 2012, le voilà qui va peut-être annuler cette décision unique en Europe. Bacchus, sur son nuage, doit bien se marrer…
Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, a ainsi demandé au Conseil national de la sécurité routière de réévaluer la pertinence du dispositif. Des associations qu’on ne soupçonnera pas de faire le jeu des viticulteurs, comme la Ligue contre la violence routière, estiment en effet qu’il s’agit d’une «mesurette cosmétique» qui ne dissuadera pas les conducteurs portés sur la dive bouteille de prendre la route avinés.
Autre gros problème, le recyclage. En cause: le produit utilisé comme réactif. Le dichromate de potassium, ou chrome VI, serait tout bonnement mutagène et cancérigène. Quand on sait que la plupart des éthylomètres vendus sur le marché sont à usage unique et que leur durée de vie est de deux ans, on imagine facilement la montagne de déchets susceptible d’envahir l’Hexagone. Le Ministère de l’écologie a donc demandé une expertise à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) afin d’évaluer leur dangerosité. Les conclusions des rapports permettront peut-être au gouvernement de méditer les paroles de Démocrite: «Mieux vaut réfléchir avant d’agir que regretter après avoir agi.»
Sébastien Sautebin


