
On vit plus longtemps à Genève qu’à Bienne
La publication «La géographie de la mortalité en Suisse, 1970-2005» de l’OFS sort aujourd’hui. Les différences entre villes et campagne s’estompent, mais persistent.
En 1920, l’espérance de vie à la naissance était de 54,5 ans en Suisse. Et celle-ci pouvait varier de 10 ans suivant que l’on habite dans un canton urbain ou rural. La publication de l’Office suisse de la statistique «La géographie de la mortalité en Suisse, 1970-2005» montre que ces disparités régionales se sont considérablement réduites. Ainsi, en 2000, un homme peut espérer vivre jusqu’à 78,5 ans lorsqu’il vit dans une commune de type périurbaine, alors qu’il atteint en moyenne 76,7 ans en campagne.
L’étude pointe aussi des différences selon les villes. À Genève, l’espérance de vie à la naissance est de 78,3 ans pour les hommes et 84,1 ans pour les femmes, alors qu’à Bienne, elle atteint respectivement 76,1 ans et 82,6 ans. Lausanne est également dans le haut du classement (77,8 ans pour les hommes, 83,4 ans pour les femmes), alors que Fribourg (76,6 ans, 82,5 ans) est en dessous de la moyenne suisse (77,3 ans, 82,9 ans).
Le niveau de formation comme première explication
Selon les auteurs de la publication, les disparités régionales s’expliquent par plusieurs facteurs, qu’ils soient socioéconomiques, environnementaux et structurels. Les régions suburbaines, périurbaines et les centres, qui présentaient une espérance de vie plus élevée, ont, par exemple, une proportion plus grande d’universitaires (entre 13% et 15%), alors que les personnes de niveau secondaire I (entre 39% et 44%) y sont moins présentes. Le niveau de la formation est donc une première explication. Mais il y en a d’autres, comme un accès différentié aux soins, aux disparités de comportements de santé (dépistage, prévention) ou encore au profil environnemental d’une région (plus d’accidents sur des routes sinueuses, qualité de l’air, etc.).
Pour les responsables de cette recherche, le fait que les variations d’espérance de vie subsistent entre régions, agglomérations ou types de communes interrogent sur les capacités du système de santé à faire face aux inégalités de mortalité.
Loïc Delacour


