
Les petits Suisses sont gavés de pub
Une enquête des associations de consommateurs montre que la pub télévisée pour la «malbouffe» a un peu diminué sur des bases volontaires, tout en pointant les limites de ces mesures auxquelles Migros, Coop et Ferrero n’ont pas adhéré.
Un petit Helvète sur cinq souffre de surpoids ou d’obésité. La télévision a une grande part de responsabilité dans ce déséquilibre. Non seulement à cause du manque d’activité (on consomme moins de calories devant la télévision qu’en dormant!), mais parce que les programmes diffusés, notamment la publicité, incitent à la consommation d’aliments gras et sucrés. L’Alliance suisse des consommateurs a alors mené une enquête (entre le 10 octobre et le 20 novembre 2011) au cours de laquelle elle a épluché plus de 12000 publicités dont 24% vantaient des produits alimentaires.
Les résultats sont accablants. Il apparaît qu’un jeune de moins de 12 ans qui passe une heure par jour devant la télévision (68 minutes en moyenne pour un petit romand), s’enfile 18,5 publicités, ce qui représente 2100 spots et 40 heures de programmes publicitaires ingurgités dans l’année. Un quart de ceux-ci concernent des produits alimentaires, dont un sur trois vante des friandises, snacks salés et boissons sucrées. A l’inverse, les publicités pour les fruits et les légumes sont très peu présentes sur le petit écran et tombent carrément à zéro pendant les programmes destinés aux enfants, aux heures où le fast-food représente une publicité alimentaire sur deux. Seule bonne nouvelle de l’étude: par rapport à la première réalisée en 2006, la part des pub pour les boissons sucrées a chuté de 14% à 1,9%.
Coop, Migros et Ferrero font bande à part
Sous la pression des autorités et des associations de consommateurs, onze poids lourds de l’alimentaire se sont impliqués dans un programme de réduction volontaire de la publicité destinée aux enfants, intitulé Swiss Pledge (le pendant de UE Pledge). On compte parmi elles Nestlé et Kellogg’s alors que Mc Donald s’est engagé à en faire partie dès l’année prochaine.
En revanche, les géants Migros, Coop et Ferrero (qui produit Nutella et Kinder), font partie des grands absents. Kellogg’s et Nestlé, de leur côté, n’ont pas toujours respecté leurs engagements. La grande faiblesse de Swiss Pledge est que les critères sont fixés par les sociétés elles-mêmes. Ainsi Kellogg’s diffuse ses publicités pour des céréales très sucrées en les présentant comme un produit équilibré pour le petit déjeuné.
Incitant les autorités à passer à la vitesse supérieure, les associations demandent qu’elles s’engagent pour en édicter des critères nutritionnels précis et des contrôles indépendants.
Philippe Chevalier


