
L’inégalité des impôts
Pour un même revenu, un couple va payer 4,3 fois plus d’impôts selon sa commune de domicile.
Que le citoyen suisse ne paie pas les mêmes impôts dans les cantons de Zoug ou de Neuchâtel, tout le monde le sait. Mais qui pourrait se douter que le contribuable domicilié aux Planchettes (NE) débourse, chaque année, 4,3 fois plus que celui de Baar (ZG)?
Prenons l’exemple d’un couple proche de la quarantaine, sans enfant. Lui – protestant – travaille à 100% pour un salaire brut de 6000 fr. par mois (fois 13), elle – catholique – à 50% pour un salaire de 2500 fr. (fois 13). Total des revenus: 110 500 fr. Pour simplifier, admettons qu’il n’y a pas de fortune. Une fois déduits l’AVS/AI et le 2e pilier (LPP), le salaire net est de 100 507 fr. On obtient le revenu imposable en soustrayant encore les forfaits automatiques (frais professionnels et de 2e revenu), différents dans chaque canton, et on peut dès lors calculer l’impôt total, qui passe donc de 4370 fr. à Baar à 19 446 fr. aux Planchettes (NE), soit une différence de 15 333 fr. Autrement dit, le Zougois paie un peu plus d’un demi-salaire (net) au fisc, tandis que le Neuchâtelois, lui, ristourne deux salaires et demi!
Dans le tableau ci-contre, nous avons indiqué la facture fiscale pour les chefs-lieux (couleur jaune) ainsi que les communes les plus (vert) et les moins (rose) avantageuses pour chaque canton romand. Nous avons ajouté les mêmes données pour le Tessin et la commune la plus et la moins chère de Suisse alémanique.
On constate notamment que la commune neuchâteloise la plus avantageuse (La Tène) est tout de même plus chère que toutes les autres références suisses. Et, à l’inverse, que les plus onéreuses du Tessin (dont Astano) sont préférables à toutes les communes romandes. Plus fou encore: le contribuable zougois le moins favorisé ne paiera toujours que 4952 fr., soit nettement moins que tous ceux qui estiment avoir de la chance ailleurs en Suisse!
Christian Chevrolet


