
50 fonds de placement: bilan des turbulences estivales sur les marchés financiers
Aucun secteur n’a échappé aux ebondissements de l’été. L’Europe et les états-Unis sont suspendus aux programmes de relance. Ailleurs, la conjoncture est morose.
L'été a été riche en événements déstabilisants pour les investisseurs et il a fallu, des deux côtés de l'Atlantique, que les Etats annoncent d'ambitieux programmes de rachat pour restaurer la confiance. Les secteurs défensifs (pharma, immobilier) ont, en conséquence, atteint des sommets avant de marquer le pas. Tout Compte Fait vous propose chaque trimestre les 50 meilleurs fonds de placement de 10 secteurs. Tous sont négociables en Suisse. Pour en savoir plus sur ceux qui vous intéressent, vous pouvez consulter gratuitement les fiches d’information de l’agence Morningstar, soit directement (www.morningstar.fr), soit en passant par les sites des banques en ligne (www.swissquote.ch ou www.e-sider.com).
1 / Obligations suisses
– Les décisions politiques ont pesé lourd ces derniers mois en Europe et aux Etats-Unis avec, de part et d’autre, l’annonce de nouveaux programmes de rachat d’emprunts d’Etat. En Europe, le refinancement des pays les plus endettés (Espagne et Italie) a diminué l'ampleur du problème, mais l’avenir reste malgré tout incertain. De son côté, la Banque nationale suisse a dû continuer d'acheter massivement des euros pour maintenir le taux de change à 1.20 fr. Les taux des obligations de la Confédération ont faiblement évolué pendant ce temps, le marché gardant son rôle de valeur refuge pour les investisseurs.
2 / Actions suisse
– Le SMI a progressé de 7% au 3e trimestre, dopé par les titres cycliques, dont certains ont augmenté de plus de 10%. En juin, les critiques de la Banque nationale suisse sur les réserves de fonds propres de Credit Suisse avaient fait plonger les actions de la banque de 30%. Les mesures annoncées en juillet pour y remédier, puis l’affaiblissement de l’aversion au risque des investisseurs ont reboosté l’institution qui avait retrouvé, à la fin du 3e trimestre, le niveau où elle se situait à la fin d’avril.
3 / Actions Europe
– Sur le Vieux-Continent, l'incertitude a plombé les marchés jusqu’à la fin de juillet avec une accentuation de la crise de la dette. Les élections grecques ont polarisé l’attention des investisseurs, de même que l’appel lancé par l’Espagne pour secourir sa banque chancelante. Le discours encourageant du président de la Banque centrale européenne (BCE) pour sauver la zone euro a toutefois eu un effet positif, de même que les récentes mesures prises par la BCE. L’Euro Stoxx 50 limite finalement la casse avec une perte de 0,5% (en francs) seulement pour les six derniers mois.
4 / Actions Amérique du Nord
– Les mois chauds ont été agités outre-Atlantique, l’économie américaine n’échappant pas à la morosité générale. En mai, l’indice S&P 500 (en dollars) a cédé jusqu’à 8% et il ne s’est pas repris avant le mois de juin. Le marché de l’emploi a marqué le pas. L’annonce, le 13 septembre dernier, du plus grand programme de relance a comblé les attentes et l’indice S&P termine les six derniers mois sur une hausse de 2,3% en dollars, ce qui équivaut à 6,4% pour les investisseurs helvétiques, grâce à la hausse du dollar.
5 / Actions Asie (hors Japon)
– L’affaiblissement général de l’économie, en Chine notamment, avait plombé les corbeilles asiatiques au deuxième trimestre, mais les mesures prises par les banques centrales leur ont permis de se reprendre cet été. Le MSCI AC Asia Pacific a ainsi progressé de 4,4% entre avril et septembre, tenant tête au MSCI World (+3,9%). En Chine, les titres liés aux matières premières et à l'énergie baissent, alors que les secteurs défensifs (pharma, télécommunications) se sont bien tenus. En Inde, les réformes gouvernementales en vue d'ouvrir les marchés ont suscité l'intérêt des investisseurs et l'indice Sensex a atteint son niveau le plus haut depuis 14 mois à la fin de septembre.
6 / Actions pays émergents
– Les titres des pays émergents ont perdu leur bel élan, ralentis par les soucis de croissance. Le MSCI Emerging markets en francs est resté stable à +0,1%. La Chine, l’Inde et le Brésil ont notamment déçu avec de faibles indicateurs conjoncturels. L’index brésilien Bovespa a ainsi plongé de 14,2% entre mars et septembre et l’assouplissement de la politique monétaire a tiré le réal vers le bas. En Russie, le marché est resté faible,malgré une conjoncture rassurante et le prix du pétrole toujours élevé. L’avenir dira si l’entrée du pays dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) améliorera la situation.
7 / Actions financières
– L'été a été marqué par la politique et les stratégies des banques nationales et centrales avec, en point de mire, la création du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui prendra le relais du Fonds européen de stabilité financière en 2013. Cette mesure a rassuré les investisseurs et les titres des instituts financiers européens, tétanisés par les craintes d’un effondrement de la zone euro, ont bien réagi. Les experts relèvent toutefois que ces mesures ponctuelles n’apportent pas de remède aux problèmes structurels, et donc aux risques systémiques.
8 / Actions pharma
– Le secteur pharma n’a pas échappé à l’actualité. Après une progression fulgurante grâce à leur aspect défensif, les actions du domaine médical ont ainsi marqué le pas, en août, quand les investisseurs ont retrouvé le goût du risque. Ces derniers ont, en outre, profité des valeurs record atteintes pour procéder à des prises de bénéfices. En Suisse, la concurrence toujours plus forte (médicaments contre la sclérose en plaques) a pénalisé Novartis, alors que la pression sur les prix freine l’innovation. L’échéance de brevets importants reste d’actualité, mais les entreprises, telles que Roche et Novartis, ont compensé ces pertes avec de nouveaux produits.
9 / Matières premières
– Malmenés entre la morosité conjoncturelle et les tensions politiques au Proche-Orient, les deux types de brut Brent et WTI ont vu leur cours fluctuer. D’autres matières premières ont vécu un été mouvementé, la sécheresse qui a sévi aux Etats-Unis faisant ainsi grimper les prix du blé, du maïs et du soja. Quant à l’once d’or, elle valait 1772 dollars à la fin de septembre, portée par l’incertitude liée à la politique monétaire en Europe et aux Etats-Unis. Les exploitations minières devraient enfin profiter du rebond conjoncturel.
10 / Fonds immobiliers
– La pierre a gardé son attrait jusqu’au début du mois d’août. Les investisseurs se sont ensuite retournés vers des secteurs moins défensifs avec, à la clé, une baisse des cours pour le secteur immobilier. Les actions ont tout de même progressé de 6,9% entre mars et septembre en dépit des prises de bénéfices, les fonds affichant une plus-value de 1,5%. Les indicateurs restent ainsi au vert avec des taux hypothécaires au plancher, une immigration importante et une situation économique favorable.
VZ VermögensZentrum Lausanne / chr
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