
Le concours qui ne fait pas rêver
Helsana organise un concours autorisant accessoirement un de ses conseillers à vous téléphoner pour un entretien. Légal mais inélégant.
Gagnez, peut-être, un pyjama, mais recevez, en tous les cas, un coup de fil d’Helsana! En participant à un concours en ligne pour gagner «le lit de ses rêves» – en fait un bon de 7000 fr. chez Interio – ou 50 pyjamas Calida, l’internaute autorise l’assureur Helsana à le contacter «dans quelques jours par téléphone» pour «un entretien avec un conseiller». Bien sûr, les entreprises ne sont pas des sociétés philanthropiques et elles se sont toujours servies des concours pour constituer des fichiers d’adresses qu’elles revendent ou exploitent pour ses courriers publicitaires. Mais ici, Helsana franchit un pas supplémentaire en envoyant, en plus, ses vendeurs à vos trousses non pas avec de simples envois postaux ou courriels, mais directement par téléphone.
Cette campagne d’Helsana est distribuée ces jours dans 22 gares et quelques postes sous forme d’un dépliant papier contenant un code à gratter. Le gain éventuel se vérifie sur le site www.sommeil-de-reve.ch. Mais il faut d’abord fournir son nom, son adresse, sa date de naissance, son email et son numéro de téléphone sur une page qui contient aussi la mention «Oui, je m’intéresse aux possibilités offertes par Helsana. Prenez contact avec moi». Une condition que le participant ne peut décliner, par exemple en décochant une case. Et c’est uniquement après avoir communiqué toutes ses coordonnées que le participant apprend s’il a gagné quelque chose, mais aussi qu’il sera contacté par téléphone. Helsana pousse alors le bouchon jusqu’à le remercier pour «l’intérêt porté pour un entretien avec un conseiller», alors qu’il n’était jusque là aucunement fait mention d’un entretien.
Helsana répond que son concours n’est absolument pas illégal et «ne voit rien de choquant» dans la façon dont il est organisé.
C’est vrai, il n’y a rien d’illégal, mais le procédé manque quand même terriblement d’élégance et permet surtout à l’assureur de contourner les règles du démarchage téléphonique puisque le consommateur «accepte» d’être contacté.
Sébastien Sautebin


