
Apparts à loyers abordables en ville
Une étude de l’Office fédéral du logement (OFL) montre qu’il est possible de construire des logements familiaux à loyers raisonnables dans les centres urbains. Reste à savoir si les investisseurs seront intéressés.
Ce n’est un secret pour personne: les loyers dans les grandes villes suisses atteignent des pics himalayens. La situation n’est pourtant pas irrésoluble si l’on en croit les conclusions d’une étude de l’Office fédéral du logement (OFL) qui vient de paraître.
Cette dernière affirme que les investisseurs pourraient tout à fait construire des appartements familiaux à prix abordables dans les grands centres urbains sans que le rendement en souffre et sans solliciter de fonds publics. Le tout sur des parcelles achetées aux conditions du marché, y compris dans des emplacements centraux.
Selon les auteurs de l’étude, qui se basent sur des calculs détaillés, il serait par exemple possible de bâtir sans subvention, à Zurich-Alstetten, des logements de 4,5 pièces pour moins de 2000 fr et de 3,5 pièces à moins de 1600 fr., charges comprises.
Mais par quel miracle? Il faut «faire des concessions sur les standards d’équipement et les surfaces habitables». Les dimensions du 4,5 pièces zurichois seraient ainsi de 84 m2 et d’un peu moins de 70 m2 pour le 3,5 pièces. Mais les auteurs de l’étude s’empressent de préciser que ces inconvénients pourraient être compensés par l’environnement immédiat du logement, comme un accès à un toit terrasse.
Malgré tout, un appartement façon clapier à lapins et une construction au rabais, voilà une formule pas très sexy qui rappelle un peu les banlieues françaises. Est-ce vraiment la solution préconisée par l’OFL contre les loyers pharaoniques? «Nous n’affirmons pas cela, tempère son directeur Ernst Hauri. Cette étude constitue avant tout une piste de réflexion. La recette n’est pas nouvelle, mais l’étude démontre, calculs détaillés et exemples concrets à l’appui, que cette option existe bel et bien pour les investisseurs, avec un rendement similaire».
Reste à savoir si ceux-ci seront prêts à placer leur argent dans ce type de construction, car les risques existent. Ces logements pourraient, en effet, être les premiers à être délaissés en cas de forte détente du marché de la location. De plus, lors des changements de locataires, il ne sera sans doute pas facile d’augmenter le loyer, remarque Ernst Hauri. Sans compter les aspects sociaux comme le risque de formation de ghettos si l’on aligne les immeubles de ce type dans un même quartier.
Sébastien Sautebin


