
Tout le monde savait…
A propos du «Post-Scriptum» «Des banquiers à plaindre» (8/2012)
Les données transmises aux autorités américaines concernent des milliers d’employés, la plupart administratifs (back-office et autres) qui ont souvent des salaires convenables, sans plus, et qui n’ont aucun contact avec la clientèle. Il est proprement scandaleux que des employeurs se défaussent de leur responsabilité en bombardant les autorités américaines des noms de petits employés qui travaillent avec dévouement pour récolter des miettes sur les bénéfices ainsi engendrés.
Il est vrai que, parmi les noms, figurent ceux de gérants de fortune qui ont démarché et/ou géré l’argent des clients effectuant de la «soustraction fiscale». Vous dites qu’ils avaient la possibilité de refuser de le faire. Mais, pendant des décennies, accepter l’argent non déclaré dans un pays étranger était considéré comme quelque chose de normal et conforme à la législation suisse.
J’ai moi-même fait une longue carrière bancaire et je n’ai jamais entendu, jusqu’à la crise de 2008, la moindre autorité politique ou judiciaire (excepté l’ex-procureur Bertossa) déclarer que ce n’était pas bien, qu’il fallait empêcher les banques et leurs employés d’accepter de l’argent soustrait au fisc. Or, tout le monde savait que les départements «private banking» des banques ne vivaient que de cela!
André Nahum

