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Les prestations de 10 caisses de pension : survol des prestations de dix caisses de pension

Taux de conversion, rémunération du capital, flexibilité de la retraite, indexation des rentes… Autant de critères qui permettent d’évaluer une caisse de pension. Exemple avec dix grandes institutions en Suisse romande.

Rares sont les employés qui ont leur mot à dire sur le choix de leur caisse de pension. Et, pourtant, c’est bien elle qui gère leur prévoyance professionnelle, donc une grosse partie de leur future retraite. Voilà pourquoi nous avons souhaité en savoir un peu plus sur les prestations des plus grandes institutions en Suisse romande. En collaboration avec les experts de VZ VermögensZentrum, nous avons donc fait parvenir un questionnaire détaillé à onze caisses. Comme celle de Nestlé a refusé de jouer le jeu, vous pouvez découvrir la synthèse des dix réponses dans le tableau ci-contre.

Un taux à nuancer

Sans surprise, et non sans raison non plus, le degré de couverture a soulevé la polémique. «Que cherchez-vous à comparer?» ont demandé plusieurs de nos interlocuteurs, faisant valoir que le taux (3) en lui-même est insuffisant. Et c’est vrai: une caisse affichant à peine plus de 100%, mais avec un effectif comptant dix fois plus d’assurés actifs (1) que de rentiers (2) a une situation relativement saine. Plus, en tout cas, qu'une autre pouvant se targuer d’un taux supérieur, mais qui sert plus de rentes et touche moins de cotisations. De plus, les caisses «complètes» (signalées par l’exposant (2) dans le tableau) affichent toutes 100%, puisqu’elles ont l’obligation d’assurer cette couverture.

Les frais administratifs (4) ont été transmis avec autant de parcimonie. Ils dépendent, en effet, non seulement de la bonne gestion de la caisse, mais aussi de sa taille et de son organisation (nombre de plans à choix, par exemple). Mais nos experts ont été surpris en bien: «Nous avons vu des frais s’élevant jusqu’à 800 fr. par assuré», explique Cédric Zermatten, spécialiste LPP de VZ. Or, ils varient ici entre 113 fr. (CFF) et 455 fr. (Allianz).

Parlons chiffres…

Plus terre à terre: le taux de conversion, c’est-à-dire le multiplicateur avec lequel se calcule la future rente. Exemple: avec un capital de 100 000 fr. et un taux de conversion de 6,9%, la rente (à vie) sera de 6900 fr. par an. Certaines caisses différencient les taux entre les parts obligatoire (5) et surobligatoire (6), d’autres encore entre les hommes et les femmes. Elles en ont le droit, tout comme elles peuvent proposer des taux inférieurs au minimum légal (6,9% pour les hommes, 6,85% pour les femmes en 2012) pour la part obligatoire, pour autant que la part surobligatoire permette de compenser le manque à gagner: c’est ce qu’on appelle le «système enveloppant». Sur ce critère, la Caisse Inter-Entreprises de Prévoyance Professionnelle (CIEPP, Genève), le Fonds Interprofessionnel de Prévoyance (FIP) du Centre patronal vaudois et Retraites populaires se démarquent.

Le taux de rémunération du capital minimal (7) est fixé par la loi (1,5% en 2012), mais seulement pour la partie obligatoire. Nous avons préféré demander la moyenne des cinq dernières années, qui devrait être au moins de 2,25% pour la partie obligatoire. Là encore, il est possible d’afficher un rendement inférieur si la partie surobligatoire (8) permet de compenser la différence. Sur ce critère, mention «bien» au FIP, tandis que les CFF sont en queue de train.

Retraite flexible

Alors qu’on parle de repousser l’âge de la retraite à 67 ans, quelle flexibilité (9) les caisses offrent-elles à ce niveau? Toutes celles retenues dans notre sondage permettent une retraite anticipée et seule Allianz n’autorise pas de la reporter. En revanche, il n’y a que quatre caisses (CIEPP, CFF, La Poste et SwissLife) qui proposent une rente pont (en attendant de toucher l’AVS) (10), et toutes réduisent (à vie) la rente LPP dès que l’âge officiel de l’AVS est atteint.

Unanimité aussi – mais, assurent nos experts, ce n’est pas le cas de toutes les caisses –, à reconnaître le concubin (11) comme un conjoint marié. Seules varient les conditions du concubinat. Le plus souvent*, il faut cinq ans de vie commune sans interruption.

Peu d’indexation

On dit souvent que les retraités actuels sont chanceux, car leur rente a été fixée avec des taux de conversion élevés. En revanche, force est de reconnaître que, dans la plupart des cas, ils ont perdu passablement de pouvoir d’achat. Il ne se trouve, en effet, que trois caisses (FIP, CIEPP et CFF) à avoir indexé les rentes vieillesse (12) durant ces dix dernières années, alors que le prix de la vie a augmenté de 7,5%.

Un assuré informé

Chaque caisse nous a également fait parvenir un exemple du certificat d’assurance (13) qu’elle envoie chaque année à ses assurés, avec les explications y afférentes (sauf Bâloise, CIEPP et FIP qui n’en joignent pas). Nos experts les ont évalués en tenant compte des informations utiles qui y figurent ou non*. S’ils relèvent un bon niveau général, ils regrettent que, parfois, le taux de conversion ne soit pas indiqué et que, plus fréquemment, les prestations de vieillesse d’une retraite anticipée ne soient pas calculées. Ils constatent également un manque de transparence sur les frais administratifs. Palme d’or à Helvetia, qui propose le certificat le plus complet.

Bilan positif

Pour l’ensemble, nos experts portent un jugement positif sur les prestations des dix institutions. «Les performances de la FIP et de la CIEPP sont même remarquables», commente Cédric Zermatten. De fait, les soucis viennent surtout des caisses publiques, où la primauté des prestations (rentes versées en fonction du dernier salaire et non du capital accumulé) est souvent encore en vigueur, alors que les taux de couverture (pouvant aller jusqu’à 60% seulement) sont catastrophiques.

Christian Chevrolet

Bonus web: Vous avez dit concubin?


Pour télécharger le tableau comparatif, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.

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