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La pratique du pourboire

Les vacances s’approchent avec leur lot de terrasses et de bonnes tables en perspective. Et une question lancinante dès que l’on se trouve sur terres étrangères: quel pourboire laisser au serveur ou à la sommelière?

En Suisse

L’affaire est claire: sauf indication contraire, le pourboire est inclus depuis 1985. Et s’il est permis d’indiquer «pourboire compris» sans préciser le montant, l’inverse n’est pas vrai: la mention «pourboire non compris» doit obligatoirement être complétée, par exemple par 15%.

La coutume veut toutefois que le client laisse un pourboire supplémentaire, qui varie généralement entre 5 et 10% selon la qualité du service. Une coutume, semble-t-il, respectée surtout par les quinquas et plus, nettement moins par les nouvelles générations.

Précision pas inutile pour les touristes étrangers: lorsqu’un serveur rend la monnaie et que le client l’en remercie, il va s’entendre répondre: «Service». C’est, en fait, une formule de politesse, correspondant à «de rien» ou «je vous en prie» et ne doit absolument pas être considéré comme une incitation au pourboire!

En Europe

Ailleurs en Europe, le pourboire est presque partout inclus dans les prix, sauf en Irlande et au Royaume-Uni, où il est donc quasi obligatoire (compter 10 à 15%), ainsi qu’en Hongrie, où les restaurateurs touristiques l’incluent souvent directement dans la note (à ne jamais laisser sur la table: préciser au serveur combien vous souhaitez payer).

Là où le pourboire est inclus, le «supplément» est quasi inexistant au Danemark, rare en Finlande et en Suède (sauf dans les établissements de luxe), mais courant dans presque tous les autres pays. Il y eut une époque où il était mal vu en Italie (qui facture, en revanche, le prix du couvert en sus…), mais il n'y a plus qu’en Sicile ou cela est toujours vrai, et encore…

Hors Europe

En fait, il n’y a guère qu’au Japon et en Corée du Sud où le pourboire est presque considéré comme une offense. Et s’il est rare en Australie, en Chine (sauf dans les lieux très touristiques), et même interdit à Singapour, il est courant – voire recommandé – partout ailleurs.

Exceptions notables: le Canada, les Etats-Unis et le Mexique, où il est obligatoire. Ici, les serveurs sont payés à un barème minimal extrêmement bas, et comptent donc sur le service pour s’en sortir. Conclusion à laquelle le touriste européen est peu habitué: il faut ajouter au prix du repas une minimum de 15%, la moyenne (à New-York par exemple) étant de 18% et 20% correspondant à un excellent service.

Le coup de la carte

Une seule constante parmi toutes ces différences: l’usage de la carte de crédit a encore compliqué les choses. Le montant laissé comme pourboire avec la carte n’est, en effet, pas toujours bonifié aux employés: mieux vaut donc laisser son obole en liquide.

Christian Chevrolet

Consultez la liste assez exhaustive des habitudes dans chaque pays, établie en 2005 par le magazine en ligne lintern@aute.