
10 vélos électriques: bons à la montée, mais dangereux à la descente
Rien à redire sur le moteur des bicyclettes à assistance électrique d’entrée de gamme. Leurs freins, fourches, guidons et cadres ne sont, en revanche, pas assez costauds.
Idylliques quand on roule sur un terrain plat, les randonnées à vélo peuvent tourner au vinaigre quand ça monte. D’où le succès des bicyclettes à assistance électrique qui ne font qu’une bouchée des dénivelés. Pour moins de 1000 fr., on trouve déjà des modèles qui garantissent de belles virées sans sueur.
Mais, à ce tarif, la qualité est-elle au rendez-vous? Pour le savoir, nous avons testé une dizaine de vélos électriques parmi les plus vendus dans les grandes surfaces. Le résultat est malheureusement décevant. Aucune des petites reines de notre sélection n’a en effet obtenu l’appréciation «très bon», seules deux décrochant, de justesse, la mention «bon». Et la moitié a même été jugée «insatisfaisant», certaines étant même disqualifiées.
Notre palmarès se fonde sur l’examen réalisé dans un laboratoire allemand spécialisé (lire encadré). Les modèles testés disposent d’une assistance électrique leur permettant d’atteindre 25 km/h au maximum. Considérés comme des cyclomoteurs légers, ils n’impliquent pas de porter un casque (lire encadré), contrairement à ceux dont l’assistance est limitée à 45 km/h et qui appartiennent donc à la catégorie rapide*.
Moteur efficace
Parmi les points positifs, le moteur et la partie électronique de tous les coursiers de notre sélection ont passé le test sans encombre. En revanche, comme le montrent les résultats, tous ces modèles ont un problème au niveau de leur ossature, pas assez robuste par rapport à leur poids et à la vitesse qu’ils permettent d’atteindre. Les forces exercées sur les freins, le pédalier, le guidon et la fourche sont en effet nettement supérieures à celles que subit une bicyclette activée à la force des mollets.
Sur les dix vélos testés, huit présentent ainsi un défaut de taille, dont trois au niveau des freins. Ces trois modèles n’offrant pas une sécurité suffisante, ils ont été dépréciés et jugés «peu satisfaisant». Les experts se sont aussi montrés intransigeants lors de l’examen de la résistance sur la durée. Les problèmes techniques réparables ont ainsi entraîné une pénalité d’un demi-point, alors que les dégâts irréparables, un guidon cassé, par exemple, baissaient la note d’un point.
Seuls le Staiger, de la filiale de Migros m-way, le Xtra de Landi et le California E-Concept, vendu par Jumbo, ont ainsi tenu bon sur 16 000 km. Ils n’ont en revanche pas rempli à satisfaction les autres critères, si bien qu’aucun des trois n’a été bien noté.
Rayons cassés, fourche faussée
Pour choisir son vélo, on ne se fiera pas au critère du prix. Le maillot jaune de notre sélection, le Basix de Sachs, est en effet l’un des plus avantageux. Il obtient la même note que le Hercules Roberta 125 qui coûte 900 fr. de plus.
Nos deux lauréats sont toutefois loin d’avoir réussi un sans-faute. Ainsi le guidon du vainqueur, vendu par Coop Brico+Loisirs, s’est-il cassé à l’issue du test! Comme il était presque arrivé au terme de la durée simulée de dix ans, les experts n’ont toutefois pas tenu compte de ce défaut de conception en lui décernant sa note finale. Quant au Hercules, il a vu plusieurs de ses rayons se briser pendant le «parcours».
Dans la suite du peloton, on trouve trois vélos qualifiés de «satisfaisant». Le E-Concept de California et le Eco de Watts, notés 4.7, sont robustes et tous les deux sont arrivés quasiment intacts à la fin de l’épreuve de solidité sur la durée. Le E-Concept a toutefois été pénalisé par sa fourche, complètement faussée lors du test de stabilité. Quant au modèle Eco, les experts ont trouvé que la qualité de ses freins était très moyenne.
Un peu plus loin, avec une note de 4.2, le E-Bike Comfort de Crosswave a eu des problèmes au niveau de la roue arrière et du dérailleur lors du test de solidité. Son pédalier n’a, enfin, pas survécu à l’épreuve.
Trois modèles ont été jugés «peu satisfaisant». Les freins qui équipent les bicyclettes Xtra de Landi, E-Move de California et Sinus B1 7-G de Staiger suffisent seulement à ralentir des charges comprises entre 61 et 77 kilos. Ce qui est totalement insuffisant, compte tenu du vélo qui, à lui tout seul, pèse au moins 25 kilos.
Deux vélos disqualifiés
Deux bonnets d’ânes ont été décernés au Nexus de Simpel et au E-Racer Comfort d’Athleticum. S’ils ont réussi à parcourir la distance imposée pour le test de solidité, ils ont échoué à l’épreuve de stabilité. Ni la fourche du Nexus ni le cadre du E-Racer Comfort n’ont résisté aux chocs. Le Nexus avait pourtant convaincu les experts tant par l’efficacité de ses freins que par la résistance des autres pièces. Quant au vélo vendu par Athleticum, il n’a pas réussi à ralentir dans le temps imparti. Il a par ailleurs échoué au test de longévité à cause d’un plateau défectueux et d’une déchirure du cadre.
Winora, fabricant du Sinus de Staiger, nous a annoncé prendre nos résultats très au sérieux et indique que c’est la première fois que la marque est visée par de telles critiques. Il nous a assurés qu’il chercherait à perfectionner la qualité des freins et de la fourche. De son côté, Landi promet que la prochaine version de son Xtra serait améliorée.
Pour Michele Guerriero, expert en cyclisme chez Jumbo, il est prévu d’équiper les vélos d’entrée de gamme de freins à disques, plus efficaces, dès la saison 2013. Le spécialiste précise en outre que le E-Move est équipé d’un frein à rétropédalage.
Hans-Peter Felber, d’Athleticum, relève que le véhicule testé date de 2011 et que, depuis le mois de mai 2012, il a été remplacé par un modèle qui porte le même nom, mais qui est de meilleure qualité.
Sur la route
En complément à notre examen technique, nous avons demandé à cinq experts d’évaluer les montures sur la route. Tous ont constaté un certain flottement du cadre sur plusieurs d’entre elles, notamment le California E-Concept de Jumbo, le Xtra de Landi, le Hercules Roberta 125 d’Ochsner Sport et le Sachs Basix de Coop. La tenue de route de ces quatre vélos a ainsi été jugée insatisfaisante, l’instabilité du cadre gênant les manœuvres d’évitement rapides et la conduite d’une seule main.
On relèvera toutefois que les cadres à enfourchement surbaissé sont destinés aux cyclistes qui cherchent le confort avant tout. Idéale pour monter et descendre du vélo, cette structure est en revanche moins rigide que celle des vélos à barre transversale, généralement réservée aux cycles pour hommes. Pour faire de la vitesse, rien de tel qu’un cadre en triangle.
Un mot encore pour les jeunes parents: ni les modèles California, vendus chez Jumbo ni le E-Racer Comfort, d’Athleticum, ne permettent de fixer un siège pour enfant. Pour les trajets et les balades en famille, il faudra donc choisir une remorque.
Nous n’avons enfin pas tenu compte, dans cette évaluation, de l’autonomie des batteries, celle-ci dépendant fortement de la déclivité du parcours, de l’état du vélo et de la force du cycliste. Selon un test effectué par nos confrères de la Fondation allemande Warentest, on peut rouler entre 20 et 100 kilomètres sans recharge.
Andreas Schildknecht / chr
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