
L’alimentation a sa charte de qualité
Une charte de qualité pour l’agriculture et la filière alimentaire suisses a été signée hier à Berne. Elle profitera également aux consommateurs.
Près de 120 entreprises et organisations ont participé à l’élaboration d’une charte qui touchera tous les échelons de la chaîne alimentaire, des producteurs aux consommateurs en passant par les distributeurs. Intitulé «Stratégie qualité de l’agriculture et de la filière alimentaire suisse», le document a été paraphé le 18 juin, à Berne, en présence du conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann.
Transparence et diversité
Cet engagement se fonde sur des valeurs aussi bien matérielles qu’immatérielles: la saveur, le naturel – dont le bien-être des animaux – la sécurité et la santé, l’authenticité, l’origine suisse et la transformation en Suisse, ainsi que la durabilité. L’objectif central est de renforcer la compétitivité de l’agriculture et de la filière alimentaire suisses autour d’une stratégie de qualité commune. Les partenariats tout au long de la chaîne visent également à mieux préparer le secteur à la libéralisation du marché agroalimentaire suisse.
De toute évidence, la démarche qualitative profitera aux consommateurs aussi. On peut notamment lire dans la charte que l’agriculture renonce volontairement à utiliser des organismes génétiquement modifiés (OGM). Les signataires s’engagent également à favoriser la transparence sur la qualité des produits et à donner une information objective aux consommateurs, tout en leur assurant une diversité de choix.
De grands absents
Parmi les 119 entreprises et organisations engagées, on retrouve des poids lourds comme l’Union suisse des paysans, le Groupe Minoteries, Cremo, Coop, Migros, Fenaco ou Fromarte. En revanche, quelques ténors de l’agroalimentaire brillent par leur absence comme Nestlé et Unilever. «Nous sommes tout à fait d’accord sur le contenu de la charte, justifie Markus Abt, porte-parole de Unilever Suisse. Mais nous regrettons qu’elle se base uniquement sur des aspects qualitatifs et qu’il n’y ait pas d’avancée sur la question de l’ouverture du marché agricole.»
Yves-Noël Grin


