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La Suisse souillée par la pollution

Dans huit villes de Suisse, la concentration de particules ultrafines dans l’air atteint des pics très élevés. La situation est inquiétante.

Produites toute l’année dans l’air et provenant principalement des moteurs diesel, les particules ultrafines (diamètre inférieur à 0.1 micromètre) sont particulièrement dangereuses pour la santé. Elles pénètrent très facilement dans le sang et se disséminent ensuite dans les différents organes. Une fois dans le corps, elles sont susceptibles de provoquer des petits foyers d’inflammation qui peuvent eux-mêmes engendrer des réactions en chaînes favorisant ainsi les infarctus, le diabète et même certains cancers.

Or, au début de l’année, l’Association Transports et Environnement (ATE) et les Médecins en faveur de l’Environnement (MfE) ont mesuré pour la première fois la concentration de ces particules ultrafines dans huit villes: Genève, Lausanne et Bienne en Suisse romande, mais aussi Bâle, Lucerne, Chiasso et Lugano. Les résultats sont inquiétants, puisque, car selon les zones, elles atteignent des pics très élevés*.

  • A Bienne, des augmentations significatives ont été constatées aux ronds-points et dans les rues avec beaucoup de circulation. En revanche, le long de la Rue de la Gare, uniquement fréquentée par des bus munis de filtres à particules, les concentrations étaient nettement inférieures.
  • A Genève, les plus fortes concentrations ont été mesurées le long du boulevard George-Favon et James-Fazy (sur le chemin du retour vers la gare Cornavin) ainsi qu’au début de l’itinéraire le long de la rue de Lyon et sur la place des Charmilles. Des valeurs moins élevées ont été mesurées assez logiquement dans les rues résidentielles et le long du boulevard Carl-Vogt.
  • A Lausanne, des pics ont surtout été relevés sur la place de l’Europe, au feu rouge du carrefour de la rue de Strasbourg, à la gare et aux emplacements où il y avait des travaux de nettoyage.

Contourner le problème

Comme on le voit, le lien entre l’influence du trafic et la concentration de ces particules est clairement établi. Face à cette situation préoccupante, L’ATE et MfE ont donc demandé à la Confédération d’adopter des mesures pour réduire ces émissions.

En attendant, pour s’exposer le moins possible à cette pollution néfaste, le mieux est d’éviter au maximum tant les moments de la journée que les espaces où il y a beaucoup de voitures.

Notons enfin que l’ATE met à disposition, gratuitement, une application (iPhone) permettant de mesurer, en temps réel, la qualité de l’air qu’on respire. En entrant sa localisation, on découvre les taux de particules fines, d’oxydes d’azote et d’ozone qui nous entourent. A télécharger sur l’AppStore.

Marie Tschumi

(*) Retrouvez ici le rapport complet de l’ATE.