
Le Jura à portée de train
La Transjurane et le RER ont raccourci les distances dans le Jura et le rapprochent de Bâle, de Bienne, de Neuchâtel... et de Paris. Pour l’immobilier, c’est tout bénéfice.
Avec des hausses de prix dépassant largement 20% dans les pôles principaux (Delémont, Porrentruy, Bassecourt) et les localités satellites (Courrendlin, Courgenay), le marché jurassien des PPE est en bonne santé. Cette progression reste toutefois modérée dans le contexte actuel, et les observateurs mettent en garde: investir dans la pierre calcaire du Jura ne rend pas riche.
«C’est un placement défensif», commente Philippe Sormani, président du Centre d’information et de formation immobilières (CIFI). Les prix ont certes suivi la tendance générale, et ont donc été aspirés vers le haut, mais la demande reste peu soutenue comparativement aux autres régions de Suisse romande. L’avantage, c’est que les prix de la PPE, qui plafonnent à 480 000 fr. à Delémont pour notre appartement type, sont assez modestes, pour ne pas risquer de s’effondrer en cas d'inversion du marché.
Alain Pisteur, directeur de l’Agence immobilière Axic qui observe le marché depuis une vingtaine d’années, est plus pessimiste: «On construit beaucoup et les prix du neuf progressent. Mais les logements anciens, même s’ils n’ont que dix ans, trouvent difficilement preneur: les taux sont si bas que l’acheteur préfère mettre un peu plus cher pour choisir l’aménagement intérieur!» L’agent immobilier a ainsi vu nombre de ses clients revendre leur bien à perte après quelques années seulement.
Développer la mobilité
Nos interlocuteurs sont unanimes: comme la démographie et les emplois n’augmentent guère, le benjamin des cantons de Suisse doit se rapprocher des pôles économiques et faire valoir ses atouts: qualité de vie et prix imbattables. «C’est un triangle d’or encore méconnu», résume Alain Pisteur. «A long terme, l’achèvement de la Transjurane permettra peut-être d’enregistrer un accroissement du marché immobilier jurassien», espère Serge Voisard, fondé de pouvoir de la Banque Cantonale du Jura.
Mais ce n’est pas tout. Depuis quelques années, le Jura a aussi mis les bouchées doubles pour développer ses transports publics dont la fréquentation a augmenté de plus de 60% en huit ans. «Nous sommes maintenant rattachés au RER bâlois et nous avons amélioré les cadences vers Bienne», explique le délégué cantonal aux Transports, David Asséo. Delémont dispose désormais d’un réseau de bus urbains. Et, le matin, en partant peu après 6 h de Belfort, on arrive à Paris à 8 h 35 avec la nouvelle ligne de TGV. Il est donc possible d’habiter à Bassecourt et de travailler hors du canton, et même de rentrer de Bâle à 1 h du matin. Qui oserait prétendre que les Jurassiens sont privés d’opéra?
Claire Houriet Rime
Pour aller plus loin: je deviens propriétaire


