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Villa clé en main, pas toujours le pied

Acheter une maison clé en main impose de bien choisir l’entrepreneur et d’étudier minutieusement le contrat. Témoignage.

Fin 2010, Denise et Thierry Mentha décident de vendre leur appartement afin de construire une maison individuelle en Valais. Ils optent pour une villa clé en main de 600 000 fr. L’entrepreneur n’inspire pas particulièrement confiance à nos lecteurs, mais leur enthousiasme prend le dessus et le nom de l’architecte responsable des travaux les rassure: ce dernier est bien implanté dans la région où il œuvre depuis une trentaine d’années. Les ennuis ne vont pourtant pas tarder à commencer. Les travaux n’avancent pas; l'architecte est en conflit avec l’entrepreneur qui décide de le congédier et de le remplacer.

Ces aléas poussent nos lecteurs à mener l’enquête: «Nous avons découvert que l’entrepreneur était aux poursuites, contrairement à ce qu’il nous avait dit, et même aux services sociaux. Il avait aussi déjà fait faillite dans un autre canton.» Et pour couronner le tout, l'homme finit carrément par déposer le bilan, en pleine construction! Résultat: des travaux non effectués pour un montant de 70 000 fr. sur les 170 000 fr. déjà versés par nos lecteurs.

Rallonge de 177 000 fr.

Mais le couple Mentha n’est pas au bout de ses peines. L'architecte, qui reprend l’affaire sur la base d’un nouveau contrat, n’accepte de continuer les travaux qu’avec une rallonge de 177 000 fr., arguant que le prix précédent avait été sous-évalué et qu’il aura besoin de cette somme pour payer «les tuiles, les canalisations ou encore l’isolation périphérique»! Il mandate un entrepreneur, qui va bâcler son travail et finir lui aussi en faillite, sans avoir tout à fait terminé la construction, obligeant les propriétaires à faire de nombreuses retourches à leurs frais.... Quant à l’architecte, il n’a toujours pas aménagé la route d’accès et posé la terre végétale pour lesquelles il a reçu plusieurs dizaines de milliers de francs en août 2011.

Addition très salée

Bilan, un surcoût de plus de 240 000 fr. et une guerre par avocats interposés avec l’architecte. Et, au bout du compte, une expérience particulièrement pénible, qui a conduit Denise Mentha à l’hôpital.

A l’heure actuelle, nos lecteurs et les trois familles voisines, qui ont signé des contrats similaires, ont décidé de ne pas rester les bras croisés. Rejoints par d’autres personnes ayant subi des déboires analogues, ils viennent de créer une association qui veut pointer du doigt les abus dans le domaine et mettre en garde les futurs propriétaires.

Sébastien Sautebin