
Les boissons énergisantes ne donnent pas que des ailes
L’agence française de sécurité sanitaire pour l’alimentation s’inquiète d’effets indésirables graves liés aux energy drinks.
Voilà de quoi avaler sa cannette de travers! Le dispositif de nutrivigilance des boissons énergisantes mis sur pied par la France – et unique en Europe – fait état d’effets indésirables graves d’ordre cardiologique, neurologique et psychiatrique liés à la consommation de ces boissons. L’agence de sécurité sanitaire pour l’alimentation (Anses) relève des crises cardiaques mortelles, des crises d’épilepsie, des comas, des désorientations temporospatiales, des troubles du comportement, ainsi qu’une insuffisance rénale aiguë. Rien que ça!
De là à voir sa cannette d’energy drink comme un ticket direct pour le paradis (ou l’enfer), il y a un grand pas. Depuis 2008, 30 cas graves ont été signalés à la nutrivigilance française. Dans treize des 24 premières affaires, «un lien de causalité possible ou probable a pu être établi». Des investigations sont actuellement en cours pour les six victimes les plus récentes, dont deux crises cardiaques mortelles. Tous concernent des personnes de moins de 50 ans, dont quatre ont moins de 30 ans. Fait notable: cinq sur six avaient consommé ces boissons avec de l’alcool dans un contexte festif. Face à la situation, l’Anses a demandé le 6 juin aux professionnels de la santé de lui signaler tous les cas d’effets indésirables qui viendraient à sa connaissance.
Sportifs, attention!
Faut-il dès lors se méfier de ces boissons très populaires parmi les jeunes? Le nombre très restreint de cas inquiétants incite à relativiser la menace, tout en appliquant le principe de précaution, c’est-à-dire en modérant sa consommation.
De ce côté-ci de la frontière, la fondation Addiction Suisse rappelle que les boissons énergisantes sont riches en caféine et peuvent, tout comme le café d’ailleurs, entraîner une augmentation de la tension artérielle, une accélération du rythme cardiaque, des palpitations, des arythmies, des tremblements, des troubles du sommeil, des céphalées ou encore des troubles gastro-intestinaux. Des interactions auraient aussi été observées avec certains médicaments comme l’éphédrine ou les anticoagulants.
Plus surprenant, les energy drinks sont déconseillés aux sportifs, que ce soit avant, pendant ou après l’effort car la récupération pourrait en être altérée. Quelques cas auraient même été rapportés «de complications ou même de décès lors d’activités physiques intenses», relève encore Addiction Suisse.
La fondation s’inquiète encore des effets d’un mélange avec l’alcool. «Les consommateurs se sentant toujours «vif», ils auront une évaluation fausse de leur alcoolisation qui pourrait les inciter à prendre des risques inconsidérés, comme des relations sexuelles non protégées ou non désirées ou conduire avec des facultés affaiblies».
Sébastien Sautebin


