
Des prix fort de café!
Le prix du café a sérieusement baissé depuis une année. Mais les consommateurs, comme d’habitude, n’en profitent pas!
Début 2011, tous les distributeur de café en grains augmentaient leur prix, parfois jusqu'à 20%. Logique, selon eux, puisque celui du café brut avait fait de même. Or, aujourd’hui, le voici au même niveau qu’il y a 18 mois. Problème récurrent: la plupart des distributeurs suisses n’ont pas fait machine arrière! Au contraire: les statistiques fédérales prouvent que le prix du café dans les commerces de détail n’a cessé d’augmenter depuis mai 2011.
Pourtant, fin avril 2012, une livre (454 g) de café américain valait 1.43 fr., soit un tiers de moins qu’une année auparavant. Et le recul est encore plus marqué pour l’arabica, la variante préférée des Suisses. Les experts expliquent cette baisse par l’excellente récolte de café au Brésil, et par le retrait de nombreux spéculateurs boursiers dans le ce type d’investissement.
Peu importe. Migros, le plus gros vendeur de café en grains en Suisse, n’a pas baissé ses prix. Raison invoquée: il doit s’approvisionner durant plusieurs mois encore auprès d’un trust au prix fort. Et il n’a, évidemment, pas envie de péjorer les bénéfices de ses très lucratives capsules Delizio, dont le paquet de 12 pièces a augmenté de 15 centimes l’an dernier. Mais selon sa porte-parole Monika Weibel, la baisse se répercutera bien une fois dans les rayons du géant orange.
Aucune réduction non plus à attendre chez Nestlé. Ni dans les consignes données par la Société suisse des cafetiers, qui estime que le prix du café ne joue qu’un rôle minime dans celui de l’expresso servi dans les établissements de ses membres. Voilà pourquoi le prix moyen se maintenait, en mars dernier, à 3.96 fr., contre 3.80 fr. en janvier 2010.
Mais le discours change lorsqu’il est possible de parler anonymement. Ainsi, un distributeur suisse nous a assuré que les gros commerces de café avaient des marges suffisantes pour baisser les prix s’ils le voulaient. Quelques acteurs suisses ont d’ailleurs joué le jeu. Tchibo a annoncé qu’il va baisser les prix de la plupart de ses cafés, sans donner de chiffres précis. Et Coop et Denner sont passés à l’acte début avril déjà, diminuant le prix de, respectivement 18 et 24 sortes de café.
Dès lors, on se demande si Fust (filiale de Coop) en tiendra aussi compte en introduisant prochainement ses premières capsules compatibles avec les machines Nespresso. Et si Migros fera de même avec son produit concurrent…
Eric Breitinger/ cc


