
BMW ne fait pas pire que la loi sur le CO2…
Est-ce un bug informatique ou une hystérie passagère? Hier, la Commission de la concurrence (COMCO) a envoyé cinq fois le même communiqué de presse intitulé «La Comco sanctionne BMW AG pour entrave aux importations» entre 9h30 et 15h30! On l’aura donc compris: elle a frappé fort en imposant une sanction de 156 millions de francs au constructeur bavarois. Parfois raillé pour sa mollesse et sa complaisance envers les fusions – on pense notamment au rachat de Denner par Migros – le gendarme de la concurrence avait sans doute à cœur de montrer qu’il savait aussi manier le bâton.
A juste titre, la marque à l’hélice a été épinglée pour avoir cloisonné le marché suisse. L’enquête de la COMCO a démontré qu’elle avait interdit à ses concessionnaires européens de vendre des véhicules neufs – BMW et Mini – à des clients suisses depuis octobre 2010 au moins. Elle a ainsi empêché les consommateurs helvétiques d’acquérir des véhicules en Europe dans une période où les gains de change étaient particulièrement alléchants.
Mais le plus cocasse, c’est que BMW est sanctionnée pour entrave aux importations directes et parallèles, alors que la loi sur le CO2 fera de même dès le 1er juillet (lire l’article de Tout Compte Fait «Importation de véhicules entravée»). Ou presque, puisqu’elle n’interdira pas d’importer des voitures neuves, mais imposera toutes celles qui émettent plus de 130 g de CO2 au kilomètre. Une taxe qui semble écologiquement brillante. Sauf que les grands importateurs pourront y échapper par la grâce d’un système compensatoire, alors que le consommateur la paiera plein pot!
«Nous avons pris position avec force contre cette taxe, admet Patrik Ducrey, directeur suppléant de la COMCO. Mais c’est une décision politique. Nous avons donc les mains liées et ne pouvons pas intervenir». Un aveu d’impuissance qui démontre à quel point le monde politique peut piétiner la liberté des consommateurs en toute impunité. BMW appréciera…
Yves-Noël Grin


